- RESISTANTS et AMIS de la RESISTANCE - ANACR - FINISTERE


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Journée de La Libération de Brest 2021






Mis en ligne sur le site le 23 septembre 2021
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Source : Gildas Priol de BREST

Journée de La Libération de Brest 2021 Intervention au BOUGUEN par Gildas PRIOL Gildas PRIOL 06 45 90 98 33 resistance-brest.net

www.brest3945.com

Mesdames et messieurs les autorités civiles et militaires, Mesdames et messieurs les représentants d'associations patriotiques, chers étudiantes et étudiants, chers amis,

Nous entamons cette journée commémorative de la Libération de Brest, ici au Bouguen, devant cette modeste stèle érigée en 2004. Sur la plaque, sont inscrits les noms de Résistants français, ayant payé de leur vie, leur engagement clandestin à lutter contre l'occupant allemand, qui depuis 1940, régnait en maître sur une bonne partie du pays. Ces personnes ne virent pas la Libération que nous célébrons aujourd'hui. Ils furent fauchés à l'aube de l'espoir, dans les derniers mois d'une lutte impitoyable.

Au cours du printemps 1944, les résistances se structuraient sous la bannière des Forces françaises de l'intérieur (F.F.I), les patriotes étaient plus actifs et nombreux que jamais. Ces préparatifs, recrutements, liaisons et actions en augmentation significatives, forcèrent l'occupant à prendre des mesures de répression pour tenter d'endiguer le phénomène. Bien qu'il disposât déjà d'une large gamme d'agent de sûreté prompt à mener la vie dure aux espions alliés et aux résistants français, notre ennemi instaura des unités d'action mobile, spécialement destinées à lutter contre la résistance. En Bretagne, on en vit se constituer à Vannes, Pontivy, Locminé, Quimper, Saint-Brieuc et Landerneau. Ce dernier, intitulé Kommando IC 343 et constitué d'un mélange détonnant de soldats allemands, nationalistes bretons puis plus tard de patriotes retournés, vint en renfort de la feldgendarmerie, de l'aussenkommando du SD et de la Geheime Feldpolizei de Brest. Grâce à des dénonciations puis des aveux, obtenus parfois sous la torture, mais également par des indiscrétions, ces services vinrent laminer les rangs de l'Armée des ombres du Finistère et du pays de Brest.

D'avril à juillet 1944, les arrestations se comptent par dizaine dans tout le département. Rassemblés à la prison de Pontaniou, certains prisonniers sont transférés à Rennes puis déportés en Allemagne en toute hâte, après le débarquement. D'autres sont jugés à Brest et condamnés à mort, voir pire : exécutés sommairement, sans aucune forme de procès. En avril et mai 1944, quatre landernéens sont fusillés à Brest, en juin cinq brestois, en juillet dix-sept saint-politains et deux brestois. Au mois d'août, alors que les américains sont aux portes de Brest, ce sont trente-huit résistants qui sont massacrés pour faire place nette. Ce chiffre, aussi horrible soit-il, reste à ce jour incertain. Cette année encore, un nouveau nom est apparu, celui du havrais René Guidal, arrêté à Plomodiern et vraisemblablement exécuté, lui aussi le 7 août 1944. Faute d'avoir trouvé les corps, le nombre précis de victimes reste à la discrétion de l'Histoire. Les recherches ne sont pas terminées et ne doivent pas l'être. Il nous faut sans cesse convoquer ce douloureux souvenir du passé pour contrer l'horrible doctrine allemande. Car non content d'avoir exécutés au moins 66 résistants en quelques mois à Brest, les nazis inhumèrent leurs victimes à l'abri de regards. Ils ne communiquèrent pas les emplacements des sépultures aux familles, laissant le doute et le vide, venir appesantir le deuil. D'autres familles n'eurent aucune information sur le devenir de leur proche.

La Libération acquise, encore une fois au prix de nombreuses vies humaines, les familles qui n'avaient pas été informées de l'exécution des leurs, gardèrent espoir de les voir sortir d'une prison, d'un camp de concentration ou autre... Mais le temps passant, cet espoir s'amenuisa drastiquement. En 1945, trois sépultures de résistants brestois furent découvertes au Bouguen. Les théories les plus folles circulent alors et jusqu'en 1952 on cherche à localiser les autres sépultures. Finalement, après dix ans d'abandon, c'est en 1962 qu'est découvert par hasard, lors d'un chantier de construction, les restes d'environ vingt personnes. L'identification précise de cinq saint-politains et d'un brestois, permet de nommer les individus. Ce sont ces victimes que l'on a retrouvées, qui sont mentionnées sur cette stèle. Malheureusement, depuis 59 ans maintenant, il n'y a eu aucune autre découverte. Pour tous les autres, le mystère plane encore. Ils restent à jamais, les disparus de Pontaniou... Ne les oublions pas, ce serait les tuer, une seconde fois.

Vive la France, vive la Résistance...