- RESISTANTS et AMIS de la RESISTANCE - ANACR - FINISTERE


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André MICHEL, le dernier Maquisard

De Saint-Marcel




Mis en ligne sur le site le 23 septembre 2021
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Ancien coiffeur à Malestroit (Morbihan), André Michel est également le dernier résistant des Maquisards. Il vit désormais en Ehpad. Pour la réouverture du musée de la Résistance, à Saint-Marcel, il se plonge dans ses souvenirs, pour effectuer son devoir de mémoire.

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André Michel.( à droite) en compagnie de Jacques Maugas de Josselin, il y a 77 ans.

Source : OUEST-FRANCE

Publié le samedi 18 septembre 2021.

À Malestroit, André Michel, le dernier Maquisard se souvient : Récit Actuellement, la semaine inaugurale du nouveau musée à Saint-Marcel (Morbihan) bat son plein.
Cette renaissance réveille des souvenirs parfois enfouis. André Michel raconte.
André Michel, a exercé le métier de coiffeur à Malestroit (Morbihan). L’ancien Maquisard a aujourd’hui 97 ans et 7 mois. | OUEST-France

« Je suis né le 22 mai 1924, à Malestroit. Je me suis engagé dans la résistance à 19 ans. C’était le 1er septembre 1943, sous les ordres du commandant Émile Guimard et du capitaine Jean Dessus, dans le cadre des activités Action. Je recrutais des résistants à qui je procurais de fausses cartes d’identité, en étroite intelligence avec la postière du Roc-Saint-André, Madame Josse, et Roger Mainguy.

Au printemps 1944, je rejoins la base Dingson au maquis de Saint-Marcel et suis affecté à la 2e compagnie FFI (Forces françaises intérieures) du capitaine Jean Dessus. J’avais alors 20 ans, jour pour jour.

J’ai activement participé aux opérations de sabotage de la voie ferrée entre Pleucadeuc et Malestroit, entre le 7 et le 17 juin 1944, ainsi qu’au parachutage sur la zone baleine, du côté de La Nouette, à Sérent. J’ai également pris part aux combats du dimanche 18 juin, à proximité de Sainte-Géneviève, à Saint-Marcel, en compagnie du lieutenant parachutiste René Lesecq.

Dans la nuit du 18 au 19 juin, je réponds à l’ordre d’évacuation du camp du colonel Bourgoin avec un groupe de combattants qui décide de se diriger vars Callac. Arrivé au lieu-dit Pinieux, dans la commune de Sérent, se forme un groupe chargé de protéger la fuite de maquisards et des SAS (Special Air Service) parachutiste se dirigeant vers l’ouest.


Le mercredi 21 juin, lors d’un accrochage contre des soldats de la Werhmarcht, on perd trois hommes (deux parachutistes et un maquisard). Il y aura une douzaine de morts au total.

Début juillet 1944, je rends visite à mes parents et me retrouve, dès le mardi 4 juillet, dans la fameuse rafle, place du champ de foire à Malestroit. Je prends bien soin d’enfiler de vieilles chaussures. Ce jour-là l’intervention d’Edmond Besson, alors maire de la cité, fut déterminante auprès des autorités allemandes. Un massacre fut sans doute évité, mais une dizaine d’hommes furent embarqués par l’ennemi en direction de Ploërmel. Le 5 août 1944, les Allemands quittent Malestroit.

Le 10 août 1944, ma compagnie est envoyée sur le front de Vilaine. Je me retrouve au cœur de la bataille sur la Vilaine, du côté de Marzan, jusqu’au 10 novembre 1944. Sur place je retrouve des camarades de Malestroit et des environs : Jean Havart, Bernard Miloux, Lucien Chotard de Bohal et bien d’autres volontaires.

J’ai une pensée spéciale pour Louis Gervais, un grand ami, tué par les soldats allemands, dès le 30 août. Il avait 21 ans. »