Les Ami(e)s de la Résistance du Finistère.

Soixante-sixième anniversaire de la création du CNR
27 mai : Journée Nationale de la Résistance,
une exigence de l’Histoire.
Jean Moulin, dit « Max »
              
premier Délégué Général en France occupée
  Commissaire (ministre) du Comité Français de Libération Nationale         
premier Président du Conseil National de La Résistance
                Compagnon de la Libération.

Le 27 mai 1943, dans Paris occupé, le Conseil National de la Résistance se réunit pour la première fois sous la présidence de Jean Moulin. Enfin, après trois ans d’efforts, trois ans de vie précaire et dangereuse, le but était atteint. L’unité de la Résistance était totale. Dès mai 1940, alors qu’il était préfet de Chartres, Jean Moulin écrivait «  nous allons devoir résister, nous compter, nous unir. »C’est fait.
Dès ses premiers moments, le CNR se place sous l’autorité du CFLN, Comité Français de Libération Nationale, gouvernement provisoire que préside de Gaulle, à Londres. Jean Moulin, Commissaire (ministre) du CFLN, est le délégué en France occupée du Général de Gaulle. 
La création du CNR donnait à la Résistance unie une dimension nationale et une autorité accrue, en même temps qu’elle apportait au Général de Gaulle une légitimité indiscutable.
 « Dans cette guerre, où la patrie joue son destin, la formation du Conseil National de la Résistance, organe essentiel de la France qui combat, est un événement capital. » Ainsi commençait le message du Général de Gaulle lu à cette assemblée par Jean Moulin.
Dix sept hommes composaient cette assemblée. « Une poignée d’inconnus clandestins, presque tous traqués par la Gestapo et la police de Pétain, hors-la-loi, mal vêtus et généralement peu nourris, rassemblés en secret dans un modeste salon de la rive gauche, parvinrent, malgré tout, à faire entendre la voix de la France. »Jacques Debu-Bridel, membre du CNR, Président de l’ANACR de 1966 à 1993
 
 
Robert Chambeiron, Président-Délégué de l’ANACR, dernier témoin de cette réunion historique raconte : « Jean Moulin, Pierre Meunier et moi appartenions avant la guerre à l’équipe de Pierre Cot, le ministre du Front Populaire, tout comme le Colonel Frédéric Manès qui fut arrêté début 43 et déporté à Buchenwald. Nous étions habitués à travailler ensemble et formions une équipe homogène et soudée. Il était normal que le choix du lieu de réunion se porte sur un appartement qu’occupait un haut fonctionnaire de nos amis. Nous connaissions ses sentiments patriotiques et républicains ainsi que son courage, car pour lui et sa famille, le moindre accident aurait pu avoir des conséquences dramatiques. C’était dans un quartier de Paris suffisamment fréquenté pour que des mouvements discrets n’y soient pas remarqués. La date du 27 mai avait été communiquée à chacun, mais il parut préférable de ne communiquer à personne l’adresse du lieu de la réunion. Seuls Jean Moulin, Pierre Meunier et moi-même la connaissions.
Chaque délégué avait un rendez-vous éloigné du lieu de réunion, et c’est deux par deux que Pierre Meunier et moi allâmes les récupérer. Cette réunion a été la plus importante dans l’histoire de la Résistance,  et aussi la plus périlleuse en raison de la qualité des participants tous recherchés par la police. Nous avons gardé la même technique pour l’organisation ultérieure des réunions du CNR et de son Bureau. Jamais nous n’eûmes le moindre désagrément. Plus d’un demi-siècle après, je ne cesse de penser que si les mêmes précautions de sécurité avaient été prises lors du rendez-vous de Caluire, Hardy n’aurait jamais pu conduire la Gestapo jusqu’au lieu de réunion et Jean Moulin n’aurait pas été arrêté.
 
   La réunion fut relativement brève, sécurité oblige. Jean Moulin rappela les buts de la France Combattante tels que les avait définis de Gaulle. Le représentant des Chrétiens-Démocrates, Georges Bidault, présenta une motion qui, après échanges de vues, fut adoptée à l’unanimité et qui soulignait notamment la volonté de la Résistance de voir se constituer à Alger un gouvernement présidé par le Général de Gaulle.
On a écrit beaucoup de choses sur l’âpreté des discussions. En fait tout se déroula dans une atmosphère d’unité patriotique et de dignité. »
Jean Moulin fut arrêté le 21 juin 1943 à Caluire.
Le 15 mars 1944, le programme d’action du Conseil National de la Résistance était unanimement adopté. Les grandes lignes de ce programme pour les libertés républicaines, la démocratie et la justice sociale demeurent d’actualité. 
Les Anciens Combattants et Ami(e)s de la Résistance -ANACR- demandent que le 27 mai, date anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance devienne Journée Nationale de la Résistance.
ANNE FRIANT-MENDRES