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Ouest France
Grugé-l’Hôpital.
Décès de
Pierre-Sylvain Crosnier,
héros de la Division Leclerc



Mise en ligne le 8 mars 2020

Vétéran de la 2e Division blindée du général Leclerc, Pierre-Sylvain Crosnier est décédé à son domicile en Loire-Atlantique.

Il venait chaque année dans le Haut-Anjou entretenir le souvenir du général qui était devenu Leclerc à Grugé-l’Hôpital (Maine-et-Loire) fin juin 1940.
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Il ne viendra plus à Grugé-l’Hôpital (Maine-et-Loire), dont il était une figure sans en être un habitant. Pierre-Sylvain Crosnier est décédé la semaine dernière à son domicile de Saint-Gildas-des-Bois (Loire-Atlantique), à l’âge de 98 ans.

Les obsèques du vétéran de la Seconde Guerre mondiale ont eu lieu jeudi 5 mars, dans l’abbatiale de cette commune.
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Vétéran de la 2e Division blindée du général Leclerc, Pierre-Sylvain Crosnier est décédé à son domicile en Loire-Atlantique.

Il venait chaque année dans le Haut-Anjou entretenir le souvenir du général qui était devenu Leclerc à Grugé-l’Hôpital (Maine-et-Loire) fin juin 1940.
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Il était l’un des derniers survivants de la 2e Division blindée du général Leclerc. À ce titre, il venait chaque année à Grugé-l’Hôpital, la commune du Haut-Anjou où Philippe de Hautecloque était devenu Philippe Leclerc en 1940, avec la complicité du maire de l’époque, Édouard Delanoë. Son fils, également prénommé Édouard et ancien maire de Grugé, racontait l’histoire bien volontiers, en juin 2015. “Mon papa a fait signer les faux papiers de Leclerc au commandant allemand. Il fallait que ce soit secret. Garder le nom de Hautecloque, c’était trop dangereux”. Avec le curé Francis Brossier, qui faisait aussi office de secrétaire de mairie, le maire avait glissé les faux documents dans un paquet d’Ausweis (laissez-passer) destinés à des Belges. C’était le 27 juin 1940.


« Une bande de frères »

Pierre-Sylvain Crosnier se trouvait évidemment à Grugé-l’Hôpital en juin 2015, quand la commune avait fait installer un char Sherman à côté de la mairie. Ce char monument, il en rêvait. Avec l’Association du souvenir du général Leclerc, Maréchal de France, il lui a fallu plus de six ans de démarches pour le toucher du doigt. “On avait la statue du patron. Ce char, c’est pour représenter la Division Leclerc, et penser aux 17 000 gars qui ont fait le boulot.” Pierre-Sylvain Crosnier était ému. La 2e DB a changé sa vie. “On était vraiment une bande de frères.

La guerre a tout modifié. Je voulais être chirurgien, mais j’ai attrapé le palu. Après la guerre, j’ai utilisé les armes que j’avais : je suis devenu mécanicien.” Dans un char comme celui-là, il a frôlé la mort.

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Né à Brest en décembre 1921, il a 18 ans et vient de passer son bac à Nantes, le 18 juin 1940. Avec quelques camarades, il rejoint sa ville natale et embarque pour l’Angleterre.
Il participe alors à la création de la première compagnie de chars de la France libre. Débarqué en Normandie, début août 1944, il participe aux combats de la poche de Falaise et à la libération de nombreux villages normands.
Puis c’est l’avancée vers Paris et la libération de la capitale. Pendant la campagne d’Alsace, son char est frappé par un obus allemand. Blessé, Pierre-Sylvain Crosnier reprend le combat pour participer à la campagne d’Allemagne, jusqu’à la prise du nid d’aigle d’Hitler, à Berchtesgaden.

Nombreuses décorations

Ses faits d’armes lui ont valu de nombreuses décorations : médailles d’officier de la Légion d’honneur, d’officier dans l’ordre du Mérite, la médaille militaire, la Croix de guerre 39-45, Distinguished unit citation, décernée aux unités des Forces armées des États-Unis et à leurs alliés, pour héroïsme extraordinaire lors de combats.