Une cérémonie sans saut à Landerneau
Publié le 20 septembre 2018  Télégramme
YANN LE GALL


Mis en ligne le 18 novembre 2018
Stacks Image 29
Alain Le Clech (à gauche), président, et Jean-Jacques Beleguic (à droite), secrétaire de l’UNP-29 regrettent de ne pouvoir offrir le traditionnel saut en parachute en point d’orgue de la Saint-Michel, cette année. Jean-Jacques Boniz, adjoint au maire de Landerneau, en charge de la sécurité et adhérent de l’UNP-29, tout autant. (Photo Yann Le Gall)
Ce devait être le point d’orgue. Pour des raisons de proximité avec l’aéroport de Brest-Bretagne, la cérémonie départementale de l’Union nationale des parachutistes sera amputée du saut des paras de Pau sur Landerneau, le 30 septembre.
Chaque année, environ 150 adhérents de l’UNP-29 répondent présents à la cérémonie de la Saint-Michel. « Nous prenons l’habitude de tourner dans le département. L’an dernier, nous l’avons organisée à Douarnenez, celles d’avant à Plouarzel, Lesneven… », énumère Jean-Jacques Beleguic, secrétaire de la section. Pour la première fois, ce temps fort des paras (la plupart retraités) a choisi Landerneau pour base.

70e anniversaire

Un événement qui revêt encore plus d’importance cette année puisqu’il s’agira du 70e anniversaire de cette cérémonie : « En 1948, le père Jégo, un Breton, avait conclu sa messe célébrée en la cathédrale de Hanoï par cette vibrante acclamation : « Par Saint-Michel, vivent les parachutistes » », rappelle Alain Le Clech, président de l’UNP-29. En pleine guerre d’Indochine, la formule allait marquer à jamais l’esprit des paras présents ce jour-là et se perpétuer avec ferveur chez leurs successeurs. Dimanche 30 septembre, il y aura de nouveau une messe en l’honneur du saint patron des parachutistes. Elle sera présidée par le père Calvez en l’église Saint-Houardon, à Landerneau.


Privé d’une force d’attraction populaire

Première étape d’un menu copieux qui laisse pourtant déjà sur la faim. Pas de cerise sur le gâteau cette année. Pas de saut de parachutistes actifs sur l’esplanade du Family. L’UNP-29 tombe de haut : « Nous avions trouvé l’avion, quatre parachutistes de Pau mais, il y a quelques semaines, la direction de l’aviation civile a rendu un avis négatif à notre demande. Problème de sécurité.
Landerneau est beaucoup trop proche de l’aéroport de Guipavas (le couloir d’atterrissage passe dans le ciel de Landerneau, NDLR) nous a-t-on expliqué », rapporte Alain Le Clech.
« On comprend la raison mais c’est la première fois que nous devons annuler ces sauts », regrette le président de l’UNP-29. « Ce sont pourtant eux qui attirent, chaque année, des centaines de personnes à notre Saint-Michel et nous offrent l’occasion de faire le lien entre l’armée et la Nation, d’entretenir le devoir de mémoire. Deux objectifs fondamentaux de notre association ».
Hommage, cérémonie, médaille La cérémonie n’aura pas la même saveur sans les sauts. Elle sera néanmoins marquée par une série de temps forts auxquels la population peut se joindre. Passée la messe, en fin de matinée, les anciens paras en tenues officielles, portant les médailles et les bérets aux couleurs distinctives de leurs sections (infanterie, marine, aviation) devant la borne Patton, sur l’esplanade du Family. Là sera rendu hommage au lieutenant Edgar Tupët-Thomé, l’un des cinq derniers compagnons de la Libération encore en vie, qui participa, avec ses parachutistes, à la libération de Landerneau en 1944. Puis le cortège, toujours aussi solennel et discipliné, se déplacera près de la médiathèque, côté Elorn, pour la levée des couleurs, des dépôts de gerbes (par l’UNP et la mairie) et autres composantes du protocole patriotique habituel. En clôture, Jean-Pierre Landuré, ancien du 1errégiment de hussards parachutistes ayant servi en Afrique du Nord, recevra la prestigieuse Croix du combattant volontaire des mains de Marcel Clédic, héros de la Résistance, grand Officier de la Légion d'honneur. Et pour finir, tout le monde se retrouvera, salle Saint-Ernel, au vin d’honneur et repas de cohésion.