Stacks Image 115673
L’Âme de nos marins

Le 10 novembre est le jour de notre traditionnelle « Cérémonie de la Flamme » au Mémorial National de la pointe Saint Mathieu. Vous êtes tous invités à cette cérémonie.

Lien pour accéder à l’article : Journal septembre 2017
Accès au site: http://www.polejeanmoulin.com/index.html

Toutes les
revues d’Ami Entends-tu sont désormais sur le site du Pôle Jean Moulin
LES NOUVELLES

image002

Nous avons le plaisir de vous convier à la conférence :
 
« Jean Zay, le ministre assassiné (1904-1944) »
qui se tiendra au Mémorial de Compiègne-Royallieu
le Mercredi 22 novembre 2017
de 14h00 à 17h00 ///
 
En partenariat avec le réseau Canopé Oise.
 
Pascal Ory présentera le destin hors du commun de Jean Zay, élu député Radical-socialiste à 28 ans, Ministre de l’Éducation Nationale et des Beaux-arts de 1936 à 1939, Résistant, assassiné par la Milice avant ses 40 ans, le 20 juin 1944.
Avec la participation d’Hélène Mouchard-Zay, fille de Jean Zay et Présidente du Centre d’Étude et de Recherche sur les camps d’internement dans le Loiret (CERCIL) – Mémorial des enfants du Vel d’Hiv
 
Dans la limite des places disponibles. Renseignements et réservation obligatoire au 03 44 96 37 00 ou memorial@compiegne.fr

HOMMAGES AUX FUSILLES DU 15 DECEMBRE 1941
  

COLLOQUE VENDREDI 1E DECEMBRE 2017  

DE 9H30 A 17H, AUDITORIUM DE LA VILLE DE PARIS  
5 rue LOBAU Paris 4è métro Hôtel de Ville

Inscriptions et carte d'identité obligatoires (nombre de places limitées) par mail
sylvie-jean.darracq@wanadoo.fr ou par téléphone (06 10 98 84 15)

Ci dessous :
Cinémathèque de Bretagne je vous transmets leur communiqué relatif à leur projet commémoratif
sur le débarquement des américains à Brest en 1917.

Programme complet
Stacks Image 115681
Discours en hommage aux 19 fusillés FTP  brestois du Mont Valérien le 17 septembre 1943 par JEAN-CLAUDE CARIOU
Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs les élus,

Madame et Messieurs les représentants des associations patriotiques et porte-drapeaux ,

Nous voici devant la stèle où sont inscrits les noms des 19 résistants brestois fusillés au Mont Valérien ,en Suresnes ,près de Paris le 17 septembre 1943: c'était hier l'anniversaire , il y a déjà 74 ans...

Ils étaient en majorité brestois d'origine ,mais certains y étaient venus pour travailler ,comme Joseph Ropars de Guissény ,Albert Abalain du Pont de Buis, Albert Ranniu de Guimiliau ,et Eugène Lafleur venait de Paris. 19 résistants FTP employés surtout à l'arsenal ou dans le bâtiment ,arrêtés à différentes dates par la police vichyste ou la gendarmerie aux ordres en prison à Brest ,puis à Rennes après parfois des simulacres de procès ,et livrés aux allemands,pour un nouveau procès à Fresnes, après des tortures souvent atroces. On leur reprochait des actes de sabotage ,souvent dans l'arsenal ou des attaques de soldats allemands ,par exemple à 500 mètres d'ici au Douric ,rue St Marc ,la destruction d'un central téléphonique allemand ,ou la reconstitution d'un parti interdit ,le parti Communiste français, dont ils partageaient les idées.

Les plus jeunes avaient 21 ans ,comme Yves Giloux ,étudiant , né à Ouessant de parents instituteurs .Certains avaient une expérience militaire ,comme Jean-Louis Primas et Albert Rannou ,qui avaient participé à la guerre d'Espagne dans les rangs de Brigades Internationales , le second: lieutenant et blessé au combat... Joseph Ropars ,pupille de la nation (son père tué à la guerre 1914/18) ,venait de passer 8 ans dans la Marine avant de rentrer à l'arsenal ,Henri Moreau était musicien militaire à la Musique de la Flotte jusqu'en 1940.

Tous ont légué un exemple de courage et d'abnégation ,n'ont pas accepté les discours de ceux qui parlaient d'honneur en capitulant ,ils n'ont pas supporté la trahison et l'infamie. Ne les oublions pas ! Se souvenir de la Résistance est nécessaire.

On parle souvent du "devoir de mémoire" ,mais il faut citer le "droit à la mémoire".Un grand résistant , Raymond Aubrac ,s'exprimait à ce sujet en mai 2011 ;il est mort peu de temps après ."lorsque les jeunes m’interrogent , ils me demandent toujours pourquoi nous avons résisté Et bien je leur réponds : parce que nous savions que ça servait à quelque chose ! Même si nos risquions la mort ,nous savions que nous agissions pour les nouvelles générations.Nous étions patriotes : à l'époque ,envahir la France ,c'était comme attaquer notre famille.

Sa femme Lucie ,résistante aussi ,ajoutait :'Résister est un verbe qui se conjugue toujours au présent" :il ne faut jamais se résigner , et lutter contre toute résurgence du fascisme...

Pour terminer je voulais lire une dernière lettre,parmi d'autres ,destinée aux familles des fusillés : voici cette année quelques extraits de celle d'Albert Rannou ,fusillé lui aussi au Mt Valérien ;

Prison de Fresnes le 17 septembre 1943

Cher Papa et chère Maman ,

Il est 11 heures moins le quart ,on vient de nous prévenir qu'on va être fusillé à 16 heures.

Je vais donner ma vie à la France,ma patrie que j'ai toujours aimé ,pour laquelle j'ai combattu ....Je suis content ,car mon sacrifice ,j'en ai la certitude ,ne sera pas vain.J'ai lutté durant ma courte existence pour le bonheur des travailleurs et pour la paix dans le monde .

----- UN PASSAGE CENSURE ----

Mes chers parents ,je vous ai toujours aimé,ça me fait une peine immense de vous quitter .Je ne sais comment exprimer ma gratitude pour tout ce que vous avez fait pour moi.Si quelquefois je vous ai fait de la peine ,vous m'avez pardonné .Je pense à tote la famille.Mes amitiés aussi aux voisins et aux camarades ,qu'ils sachent que j'ai fait mon devoir de français et de communiste.

Je vous embrasse tous.Soyez courageux , Adieu à tous....

Albert
Discours Coat ar Gueven par Gildas PRIOL au nom de l’ANACR 29.
Nous étions il y a quelques dizaines de minutes devant la stèle rendant hommage aux 19 fusillés FTP brestois. Parmi ces résistants, l'un d'eux se nommait André Berger, il n'avait que 20 ans quand les allemands le fusillèrent. Dans la famille d'André, il n'était pas le seul résistant, il y avait
sa soeur Margueritte et son père, Joseph Berger. Joseph est un vétéran de 14/18, militant communiste convaincu et cheminot. Il participe à la lutte au sein des FTP contre l'occupant et ses sbires, ce qui lui vaut d'être arrêté à plusieurs reprises mais relâché faute de preuves et d'aveux.

Nous ne pouvons imaginer la douleur qu'a endurée ce père à l'annonce de la mort de son enfant. Mais nous pouvons néanmoins comprendre sa décision de s'enfermer dans la poche de Brest pour lutter jusqu'à la fin contre les allemands.

Nous sommes en Août 1944, les américains sont depuis une semaine dans la périphérie de notre cité portuaire. Brest, dont la population est déjà bien diminuée par quatre années d'occupations et de bombardements, s'est complètement vidée le 14 août, ne reste environs que 2 000 habitants. Sur ordre, les résistants brestois ont quitté la ville pour former des unités cohérentes dans les faubourgs.

Tous ? Non, Joseph Berger refuse, et avec un groupe douze homme, il va harcerler les allemands au plus profond de leurs lignes. Nous ne savons pas si les hommes de Berger sont volontaires mais en tout cas, ils sont efficaces malgré le petit effectif. Ils créent un
sentiment d'insécurité constant au sein du dispositif allemand. Citons leurs noms pour que ces braves ne sombrent pas dans l'oubli:

Barbedor Constant, Bouscatier, Cariou Pierre, Cloarec,
Cousquer Marcel, Gourlaouen Jean-Pierre, Jameau Alfred, Laot Joseph, Le Dreo Paul, Lotrian
François, Penduff, Vallee Jean. Evoquons quelques unes de leurs actions mémorables.

Joseph Berger alias "Marc" venge la mort se son fils en faisant feu de tout bois. La dangerosité de leur
mission la rend presque sacrificielle. Dès le 14 août au soir ils tirent sur les allemands du voisinage de la caserne Guépin. Très mobiles, ils se faufilent dans les rues de Brest qu’ils connaissent bien.

Depuis des immeubles vidés de leurs occupants, ils tirent sur plusieurs positions allemandes dans leurs dos. L'occupant est sur les dents, il fait mettre le feu à tous les immeubles d'où proviennent les tirs, ils réduiront en cendres l'église de Saint-Louis et arrêtent plusieurs personnes qu'ils soupçonnent (à tord) d'être des résistants infiltrés dans la Défense Passive ou le personnel requis.


Le 18 août, Pierre Cariou, et trois autres FTP du groupe, se rendent au 13 de la rue Coat ar Gueven à son domicile. Mais à leur arrivée ils sont alpagués par quelques policiers français et l'armée allemande, avant même de pouvoir entrer dans l'immeuble, c'est une souricière. Ils auraient été dénoncés... Capturés par les allemands, leurs sort n'a que peu d'avenir, surtout après leurs actions de harcèlement. Néanmoins, Pierre Cariou se débat et arrive à prendre la fuite en se dirigeant vers le
cinéma Vox. Hélas, vingt minutes plus tard, ces trois camarades étaient fusillés, ils ce nommaient:

Marcel Cousquer, Alfred Jameau et Jean-Pierre Gourlaouen. Le groupe continua malgré tout la lutte
et Pierre Cariou qui avait frôlé la mort le 18 août fut mortellement fauché place Keruscun par des éclats d'obus le 08 septembre 1944. Voilà leur histoire et peut être qu'un jour, le nom de leur camarde Pierre sera ajouté à cette plaque.


Si vous me le permettez, je souhaiterai également ajouter un mot pour clore cette allocution en vous rappelant que juste à côté, au 14 de la rue Coat ar Gueven, c'était la maison de Mme Anne Marie Stéphan, grand résistante du mouvement Défense de la France qui fut elle aussi arrêtée par les allemands et dont on a totalement perdu la trâce en mars 1944. Il semblerait quelle fut fusillée au Bouguen en juin. J'aimerai que nous ayons également une pensée pour elle et toutes les femmes qui furent les grandes oubliées de cette guerre. A nous désormais de corriger cette erreur historique.

Je vous remercie de votre attention, vive la France, vive la Résistance.

Gildas PRIOL
Texte lu le 18/09/2017 rue Coat ar Gueven