BREST : La prison de Pontaniou transformée en appartements haut de gamme
ANACR 29 et réseau Musée de la Résistance nationale

Objet: Pontaniou...et appartements de standing, communiqué

Bonjour Madame, bonjour Monsieur,
A la suite de l'information parue dans Ouest-France, nos associations ont adressé
un courrier à Monsieur le Président de Brest Métropole et maire de Brest.

Notre émotion est grande. Pontaniou, prison maritime, prison civile après guerre, fut
pendant l'occupation, la dernière étape avant le peloton d'exécution ou les bagnes
nazis pour les Résistants dont nous honorons la mémoire.
Pontaniou doit prévoir dans sa rénovation une place pour son Histoire.
Un patrimoine qui appartient à tous les Brestois.

"Pour nous le choix est fait. Nous sommes de ceux qui refusent d'oublier."
Aimé Césaire

Merci d'en informer vos lecteurs.

Beaucoup seront comme nous très attentifs au devenir de ce lieu de souffrance.

Très cordialement,
Anne Friant-Mendres


(Voir pièce jointe ci dessous)

Réseau Musée de la Résistance nationale -MRN-
Pôle Jean Moulin Finistère

Amis de la Résistance-ANACR 29




Le 5 septembre 2018



COMMUNIQUE à la PRESSE de
Madame Lucienne Nayet, présidente du réseau MRN
Madame Anne Friant, présidente des Amis du Pôle Jean Moulin et de l'ANACR 29
Monsieur Michel Madec, secrétaire général de l'ANACR 29
d'un extrait du courrier adressé à Monsieur la Président de Brest Métropole

Objet: l'ancienne prison de Pontaniou, demande de rendez-vous


«Par un article de presse du 3 septembre 2018, nous avons appris que l'ancienne prison de Pontaniou, propriété de Brest Métropole depuis 1997, n'avait jamais retrouvé de destination, et qu'une opération immobilière de construction d'appartements de standing était envisagée.

Pontaniou est un haut-lieu associé à jamais à l'histoire de la Résistance de Brest, et à sa répression, une mémoire vive que rien ne saurait effacer.

Notre réseau a une proposition à offrir.

Nous proposons d'inscrire l'HISTOIRE dans le projet et d'y réserver un espace de MEMOIRE où pourraient s'exprimer des associations comme les nôtres porteuses de celle-ci.

Nous entendons bien sûr associer dans la démarche les autres associations porteuses de la mémoire de la Résistance, de sa répression, de la Déportation, les archives de Brest et du département...

A la veille du 75 ième anniversaire de la Libération de Brest, en 2019, ce projet couronnerait la renaissance de Brest, ville détruite par la guerre, capitale de la Résistance, Métropole de la «Tête du Monde», Pen-ar-Bed.
Nous restons très attentifs et sommes prêts à toute rencontre nous permettant de développer ce projet.»


Lucienne Nayet Michel Madec Anne Friant-Mendres

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Gérard Jaffrédou
 
le 11 septembre 2018
 
29820 GUILERS
 
 
 
à Monsieur le Président de la Métropole brestoise
 
 
 
 
Monsieur le Président,
 
Je viens de prendre connaissance de ce projet par lequel la Communauté brestoise se débarrasserait de Pontaniou, et qu'y seraient créés, par une société immobilière parisienne spécialiste de ce genre d' opérations, des appartements de « standing ». Ce projet me paraît totalement incongru et scandaleux.
Je suis Brestois de base, n'ayant plus aucune responsabilité, aucune fonction, ni aucun mandat. Mais je suis un Brestois né en 1942, qui a vu Brest en ruines en 1945 ou 46, à notre retour dans le quartier de l'Harteloire. J'en ai conservé une image précise. Plus tard, j'ai été élève puis étudiant d'Yves Le Gallo et suis devenu professeur d'histoire. Alain Boulaire est un collègue et ami, comme l'a été Pierre Le Goïc.
 
J'ai conçu un parcours dans Brest pour faire connaître à mes élèves son histoire, abolie comme la ville, disait Yves Le Gallo. J'ai proposé ce parcours à l'Office de tourisme, qui me confie des visiteurs. Je suis frappé, à chaque fois, par leur intérêt et souvent leur émotion devant cette histoire d'une « ville-soldat » et le peu qui en reste.
Créateur aux côtés d'Agnès Bellec, des Carnets de Voyage brestois, j'ai utilisé ce parcours pour faire connaître ce « Brest enfoui » aux artistes. Je peux dire que beaucoup en ont été marqués et se sont d'autant plus attachés à notre ville. L'un d'eux, Laurent Gontier, a créé un remarquable outil informatique superposant l'ancien Brest et l'actuel, ce qui permet de comprendre celui-ci par l'autre. C'est exactement ma démarche et ma préoccupation constante.
 
Les témoins visibles de l' histoire de notre ville sont rares et précieux. Leur conservation intelligente et respectueuse s'impose absolument. La reprise et l'utilisation du Plateau des Capucins, de « l'Atelier fer », en est un magnifique exemple. Pontaniou mériterait de revivre de même. Ce lieu porte une lourde part du passé Brestois, qui ne peut être ignoré et encore moins bafoué. Pontaniou peut au contraire le rendre sensible et intelligible et ,de ce fait, plus compréhensible le Brest d'aujourd'hui et mieux imaginable celui de demain.
 
Je ne peux douter, Monsieur le Président que c'est surtout votre souci et celui de votre équipe, et je vous prie d'accepter mes très sincères et respectueuses salutations.
 
 
Gérard Jaffrédou
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Groupe des élus communistes et de progrès

Conseil de Brest métropole
12 octobre 2018


Intervention d’Eric Guellec


Monsieur le Président,
Chers collègues,

Je tiens tout d’abord à remercier M. Grall ainsi que le collectif des 79.
Je les remercie d’avoir rappelé à juste titre la place qu’occupe dans l’Histoire la prison de Pontaniou. Elle est chargée d’une mémoire pluriséculaire.
Là, durant la Seconde guerre mondiale, des Résistants, des hommes qui avaient fait le choix de la Liberté, de l’Egalité, et de la Fraternité face à la barbarie furent torturés. Certains d’entre eux furent même ensuite assassinés.
Toutes et tous en conviendront, il faut respecter la mémoire de ce lieu.
Son histoire doit être transmise aux nouvelles générations, aux futures générations.
Et précisément, il nous appartient de veiller à ce que la mémoire de Brest perdure. Au travers d’espaces mémoriels, de cérémonies commémoratives, du soutien aux associations patriotiques, aux associations d’anciens combattants.
Sur ces différents points, la ville de Brest est présente, active.
Sur le projet de transformation de la prison de Pontaniou, nous avons conditionné la vente au respect de la mémoire du lieu.
Dans une délibération dédiée au sujet lors de notre dernier bureau de métropole, il est écrit que l’opérateur « prendra en charge la mise en œuvre d’un dispositif d’interprétation de la mémoire des lieux, accessible au public ».
Ce dispositif reste à imaginer, à élaborer collectivement par l’opérateur, notre collectivité et d’autres acteurs au nombre desquels l’ANACR 29 (Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance) que nous avons rencontré la semaine dernière.
Ce premier contact s’est avéré «très satisfaisant », des termes même de Madame FRIANT, Présidente de l’association.
Mais il n’y a bien sûr aucune exclusive.
La porte est ouverte. Nous en sommes au début de la réflexion. Le projet n’est pas écrit. Travaillons ensemble à sa réussite !
Je vous remercie.

Seul le prononcé fait foi


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(Message de Roger BERTHELOT au sujet de l'ancienne prison de PONTANIOU.)

Bonjour
 
L'ancienne prison de Pontaniou transformée en appartements haut de gamme
Ouest-France Brest 3/9/2018 Olivier PAULY
https://www.ouest-france.fr/bretagne/brest-29200/brest-l-ancienne-prison-transformee-en-appartements-haut-de-gamme-5945389

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La prison de Pontaniou, à Brest, devrait être vendue à un groupe immobilier parisien qui souhaite la transformer en logements.© Olivier PAULY.
 
Le projet de transformation de l'ancienne prison de Brest est porté par un groupe parisien, spécialisé dans la rénovation de bâtiments historiques. En respectant l'architecture de l'actuel bâtiment, qui date du XlXe sièle
 
D’anciens ateliers industriels transformés en médiathèque, commerces ou cinéma… Un espace hier inaccessible aux civils qui voit fleurir logements et bureaux…. Mais dans la longue série des transformations en cours le long des rives de la Penfeld, à Brest, celle qui est envisagée pour la prison de Pontaniou apparaît la plus surprenante.
Et de loin, puisque le bâtiment, que l’on distingue nettement du boulevard Jean-Moulin ou des Capucins, pourrait être transformé en appartements haut de gamme.
Brest Métropole avait un temps espéré pouvoir y accueillir le plan-relief de Brest.
Le nouveau projet de logements est porté par le groupe
François 1er, installé en région parisienne. Son site internet ne fait pas de mystère de son secteur d’activité : « François 1er est spécialisé depuis plus de dix ans dans l’accompagnement de projets de restauration immobilière. »
Le groupe se présente d’ailleurs comme
« une référence grâce à de prestigieuses opérations de restaurations, à travers toute la France ». Dans le Finistère, par exemple, il s’est déjà occupé du Prieuré, à Quimper.
Les opérations de François 1er se mènent toujours dans le respect du bâtiment originel.
« Chaque immeuble ancien exprime une architecture unique qu’il est indispensable de sauvegarder », écrit Christophe Barillé, gérant et fondateur de François 1er, sur son site. Cette exigence figurera évidemment au cahier des charges pour la prison de Pontaniou.
 
Mutins, espions et pirates....
 
Également appelée bâtiment de la Madeleine,
la prison de Pontaniou voit ses premières fondations posées en 1667. À l’époque, il s’agit d’un asile tenu par des religieuses.
Plus tard, la Marine crée une prison maritime. C’est à cette mission qu’est affecté l’actuel bâtiment, construit entre 1805 et 1810.
Y sont incarcérés les prévenus et condamnés, civils ou militaires, faisant l’objet d’une procédure devant une cour de la Marine ou une cour militaire :
« Criminels, voleurs de l’arsenal, mutins, espions, personnes ayant porté atteinte aux officiers ou aux intérêts de la Marine, pirates d’outre-mer… », détaille la page Wikipédia consacré à la prison.
Cette destination ne change pas jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. La prison civile du Bouguen ayant été détruite par les bombardements, Pontaniou sert alors également de lieu de détention pour les prisonniers politiques et résistants. À la Libération, elle est transformée en prison civile, jusqu’à la construction de l’Hermitage, ouverte en 1990.
 
Un coup de neuf
 
Depuis, Pontaniou a été totalement désaffectée. Propriété de Brest métropole depuis 1997, elle n’a jamais retrouvé de destination. Seuls quelques squatters y auraient logé épisodiquement. Certains fans d’explorations de lieux abandonnés y filment parfois quelques images.
Visite nocturne de Pontaniou
 
Le projet de logements actuellement à l’étude aurait donc le mérite d’offrir un sacré rafraîchissement à un bâtiment qui commence à faire tache dans l’environnement renové des Capucins.
« Réhabiliter un bâtiment, c’est le comprendre dans son histoire, ses dispositions, avant de l’adapter pour la vie d’aujourd’hui et de demain », résume Christophe Barillé. Qui sait de toute façon que ses travaux seront examinés de près par l’architecte des Bâtiments de France.
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    OUEST FRANCE

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Les bâtiments de l’ancienne prison de Pontaniou devraient être transformés en appartements haut de gamme. (Nicolas Ollier)

© Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/finistere/brest/pontaniou-la-prison-bientot-vendue-18-09-2018-12082653.php#5V17EyrcOtLKVzzW.99

https://www.letelegramme.fr/finistere/brest/pontaniou-la-prison-bientot-vendue-18-09-2018-12082653.php

Brest. L’ancienne prison transformée en appartements [Vidéo]

Un groupe immobilier parisien souhaite acquérir les bâtiments de l’ancienne prison de Pontaniou, en vue d’une transformation en appartements haut de gamme. Une délibération dans ce sens sera étudiée par le bureau de Brest métropole, le vendredi 28 septembre.

Sur les réseaux sociaux, le débat fait déjà rage au sujet de ce projet de cession d’un élément du patrimoine brestois à un promoteur privé. « Après la Marina, l’immeuble Proudhon, les jardins de la falaise, le quartier des Capucins, l’ancienne école de la rue Conseil, les futures terrasses du Forestou et j’en passe, la municipalité poursuit la privatisation d’une partie de son espace public avec l’ancienne prison de Pontaniou.

Brest va-t-elle devenir un repère à bobos friqués ? », interroge l’historien local Olivier Polard sur son compte Facebook. « Au lieu de réfléchir à investir intelligemment les bords de la Penfeld dont l’armée n’a plus guère l’utilité, la municipalité Cuillandre s’acharne à détruire la vie des quartiers et le patrimoine, pressée par des échéances électorales », surenchérit l’ancien salarié de la cinémathèque de Bretagne Claude Arnal.

Lequel regrette au passage que les projets soient imposés sans jamais associer les acteurs du quartier, le PL Recouvrance ou l’association Vivre la rue dans le cas présent. Mais tous ne sont pas hostiles à ce projet. À commencer par Paul Bloas.

Le peintre, qui avait passé deux mois enfermé dans la maison d‘arrêt au début des années 1990, considère que « ce n’est pas une mauvaise chose de voir ce lieu reconditionné en tout autre chose par le domaine privé. Le rez-de-chaussée et un étage garderont leur caractère de Monument historique. Les blocs de pierre sont matriculés », fait-il remarquer.

Le photographe Dominique Leroux, qui a immortalisé l’intérieur du bâtiment plus d’une fois, est aussi de cet avis. Il note que le promoteur est un pro de la réhabilitation du bâti ancien, et peste contre ceux qui, sous prétexte que Brest a été démoli, « voudraient que l’on sauvegarde tout à tout prix par l’argent public.

Il faut arrêter de regarder en arrière. Ce bâtiment est moche, inutile, dangereux. Son histoire est triste. Sa rénovation, par la collectivité, coûterait un pognon dingue. Or s’il y avait des financements aujourd’hui, je préférerais les voir utiliser pour des crèches, des équipements sportifs, une salle d’exposition des arts visuels ». « Moche, ce n’est pas le mot que j’emploierai, nuance Nicolas Ollier, autre photographe qui, le 8 juin 2016, avec d’autres capteurs d’images, fut l’un des derniers à pénétrer dans les murs de l’ancienne maison d’arrêt en vue d’une exposition collective.

« C’est une construction rugueuse certes, mais intéressante au niveau architectural et à la charge émotionnelle très forte ».

Lors de sa visite, il se souvient avoir « été saisi par la puissance des lieux ». « Idéalement, j’aurais aimé un projet permettant une certaine mixité sociale, avec une résidence étudiante, des ateliers d’artistes…

Un projet qui aurait pu aussi englober la rue Saint-Malo et le plateau de la Madeleine, dans la continuité des Capucins ».

Pour autant, il ne tire pas à boulets rouges sur le projet de vente à un promoteur privé. « L’État se désengage, les collectivités locales ne peuvent plus tout assumer.

Si le promoteur est sérieux, cela peut donner une belle rénovation, et ce sera toujours mieux que la verrue actuelle ».  
                                                                  
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Située à quelques pas de la rue Saint-Malo et du bâtiment aux Lions, la prison de Pontaniou demeure l'un des témoins de l'histoire de Brest. Construit en 1670, puis reconstruit au début du XIXe siècle, ce lieu d'incarcération, qui a définitivement laissé la place à L'Hermitage (zone de Kergaradec), en 1990, est resté atypique jusqu'au bout. Portrait.
Avec ses murs grisâtres et tachés de rouille, ses grilles de fer et son enceinte aux béton et granit incrustés de morceaux de verre et de restes de barbelés, la prison de Pontaniou s'inscrit dans le paysage historique brestois comme le souvenir d'un autre temps. À Recouvrance, certains riverains n'attendent qu'une chose : voir cette « verrue », désaffectée depuis 1990, enfin déconstruite. D'autres aimeraient, au contraire, voir l'édifice réhabillité d'une manière ou d'une autre. À l'origine, la prison maritime de Pontaniou est créée en 1670, à l'époque même où Brest devient la plus grande base navale du Ponant. Située à deux pas de la ru...

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