HISTOIRE Gaël TABURET Normandie-Niemen.
« C’est le dernier aviateur survivant du régiment Normandie-Niemen, composé de 99 pilotes mis à disposition de Staline par le Général de Gaulle pour combattre sur le front de l’Est, durant la Seconde Guerre mondiale », répond René Gaudart, auteur d’un livre consacré à l’escadron, dont son oncle, Roger Penverne, était membre.
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ACTUALITÉ
Originaire de Messac, en Ille-et-Vilaine, Gaël Taburet est le dernier aviateur survivant du régiment Normandie-Niemen. Il a combattu en Russie durant la Seconde Guerre mondiale. Les Russes témoignent encore toute leur gratitude à cet homme de 97 ans.



Un coup de fil de l’ambassadeur russe en France, Alexandre Orlov, pour ses 97 ans, le 12 novembre. Une lettre du colonel Fetissov, ancien pilote de chasse, pour lui signifier la gratitude de la Russie. Pourquoi tant d’égards pour le Breton Gaël Taburet, originaire de Messac (Ille-et-Vilaine), aujourd’hui en retraite sur la Côte d’Azur ?
« C’est le dernier aviateur survivant du régiment Normandie-Niemen (1), composé de 99 pilotes mis à disposition de Staline par le Général de Gaulle pour combattre sur le front de l’Est, durant la Seconde Guerre mondiale », répond René Gaudart, auteur d’un livre (2) consacré à l’escadron, dont son oncle, Roger Penverne, était membre.
« Les Russes n’oublieront jamais »
De fin 1942 à 1945, l’aviation française a soutenu l’Armée rouge face à l’Allemagne nazie : « Le régiment était composé de volontaires à un moment où les Soviétiques étaient en position de vaincus », ajoute René Gaudart. Documentaliste du mémorial Normandie-Niemen, situé au Bourget, près de Paris, Yves Donjon, auteur de Ceux de Normandie-Niemen (3), précise : « Ils ne sont pas venus par conviction politique, mais parce que cela offrait une possibilité de continuer à combattre. »


L’aviateur français reçoit régulièrement des nouvelles de Russie. (Photo : DR)
Près de la moitié des aviateurs sont morts au combat
 « Quarante-deux ne sont jamais revenus, indique René Gaudart. Les Russes n’oublieront jamais. C’est un lien éternel entre les deux pays, même en période de tensions géopolitiques », dit-il, faisant notamment allusion au rôle, aujourd’hui, des Russes en Syrie et dans les bombardements d’Alep. Yves Donjon confirme : « Ce n’est pas une poignée de pilotes qui allait changer la guerre, mais le symbole est très fort. »

Culte des vétérans

La participation du Breton Gaël Taburet, tombeur de plusieurs avions allemands, en fait donc un héros : « Les Russes sont très attachés au devoir de mémoire et au culte des vétérans, beaucoup plus qu’en France. Le rôle des membres du Normandie-Niemen, les « chouchous » là-bas, est notamment mentionné dans les livres scolaires d’histoire. »


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Alexandre Orlov (au centre), ambassadeur russe en France, a rendu visite à Gaël Taburet (au premier rang), en 2015. (Photo : DR)

Des descendants de ce régiment ont participé à un voyage en Russie, en mai dernier. « L’accueil a été démesuré et très chaleureux », raconte René Gaudart.

Quant à Gaël Taburet, il a poursuivi sa carrière militaire après la guerre jusqu’en 1963. Il obtiendra le grade de colonel ainsi que diverses distinctions militaires et la Légion d’honneur. Aujourd’hui « très fatigué», selon sa femme Jeanine, il reçoit « régulièrement des nouvelles de la Russie, notamment de lycées ».

En 2015, l’ambassadeur Alexandre Orlov était venu lui rendre visite (photo). « Ils donnent beaucoup de médailles, les Russes, plaisante sa compagne. Ces marques de reconnaissance font plaisir à mon mari. »
 
(1) Un mécanicien est également toujours en vie, André Peyronie, né à Albi (Tarn).
(2)
Pilotes du Normandie-Niemen de la famille Gaudart. 24,35 €, disponible dans les Fnac et espaces Leclerc