ANCIENS COMBATTANTS et AMIS de la RESISTANCE
– ANACR- du FINISTERE

Nos deuils

Nous avons eu le chagrin de perdre beaucoup trop des nôtres en 2013, et de vivre en particulier un douloureux mois de décembre.
Alain Madec, Président du Comité Bigouden et Michel Mazéas, Président d'Honneur, nous ont quittés.

Nombreux, nous avons accompagné et rendu hommage à ces deux Résistants, ces deux camarades, ces deux amis qui vont beaucoup nous manquer.

Les obsèques d'Alain ont eu lieu le lundi 9 décembre. Résistants, Amis, porte-drapeaux entouraient Yvonne, sa femme, toute sa famille, et lui rendaient hommage.
Fanny de Laninon, la chanson de Pierre Mac Orlan qu'Alain nous avait chantée le 19 octobre lors de notre Assemblée Générale à Scaër, l'a accompagné ainsi que le chant des Partisans. Son éloge fut fait par Edgard qui rendit hommage aux qualités de l'homme et au parcours du Résistant*. A lire sur notre site.

Onze jours plus tard, le 20 décembre, nous étions tous de nouveau rassemblés, salle Jules Verne, à Douarnenez, mêlés à l'immense foule silencieuse des Douarnenistes venus rendre un dernier hommage à celui qui fut leur maire et qui était notre camarade et ami, Michel Mazéas, le Résistant.

Camarades de Résistance, amis, porte-drapeaux, nous étions là autour de Françoise, autour de sa famille, pour rendre hommage à notre Président d'Honneur.
Lui aussi s'en est allé « immobile et froid » mais laissant derrière lui le large sillon des luttes qu'il a menées.

«  Je suis indéfectiblement attaché aux valeurs de la Résistance » avait affirmé Michel lors de notre rencontre quand en 2006 nous avons créé l'association des Amis de la Résistance du Finistère.

Depuis, Michel ne nous avait jamais quittés. Toujours nous le trouvions à nos côtés.


En 2010, avec le soutien du sénateur-maire Philippe Paul, lui aussi Ami de la Résistance, Michel organisa notre troisième Randonnée de la Résistance, la première Randonnée en ville. Douarnenez, sa ville. Il en fut d'abord le conseiller municipal, puis le maire pendant 24 ans. Un maire aux convictions solides, lui, le communiste, le fils du marin pêcheur et de l'ouvrière. Un grand humaniste par-dessus tout.

Il fut le meilleur des guides. A travers les rues nous avons marché sur les traces des Résistants, héros dont Michel connaissait l'histoire comme personne. Le Flanchec, le maire qui refusa d'abaisser les couleurs face à l'occupant, Mimi la Blonde, l'héroïque, Léoncie Kérivel qui vint habiter la rue qui portait le nom de son mari, rue qui croisait la rue Guy Môquet, unis dans la même tragédie d'octobre 41...

Michel avait 12 ans quand Douarnenez fut occupée et 16 ans quand la ville fut libérée. Michel, un adolescent dans la Résistance, fut pour nous un guide incomparable. Le jeune garçon bouleversé par la mort de son camarade, la lecture de la dernière lettre de Corentin Celton écrite avant d'être fusillé, le professeur d'histoire, le maire enfin s'unissaient pour rendre cette randonnée d'une exceptionnelle richesse de savoir, d'émotion, de passion, à travers l'évocation de ces vies brisées de femmes et d'hommes courageux. Laurent en fit un film, et nous en avons tous des images plein les yeux et la mémoire..

Comme sa voix que nous entendrons toujours. A chaque cérémonie, s'élevait au-dessus de toutes, la voix puissante de Michel quand nous chantions l'hymne de la Résistance, le chant des Partisans. Souvent suivi du chant des déportés, le chant des Marais. Et là Michel était toujours au bord des larmes, tant de souvenirs douloureux le submergeaient alors. Le 19 octobre, lors de notre assemblée Générale à Scaër, Michel a chanté. Nous ne savions pas que c'était la dernière fois.

Personne, jamais, n'a chanté le chant des Partisans, le chant des Marais, comme toi, Michel.
Personne ne le fera plus jamais.

Mais cette année, Michel, nous irons te rendre hommage au cimetière, là-haut, à Ploaré, là où l'on domine la mer, pas loin des tombes de Corentin Celton, de Jean Marin, de tant d'autres qui furent les tiens, les nôtres maintenant, et nous chanterons pour toi, le chant des Partisans, le chant des Marais.

Anne Friant-Mendres


Nos deuils