Journée du 27 mai


MESSAGE COMMUN DES REPRESENTANTS DE LA RESISTANCE DU FINISTERE

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Pour cette première célébration de la journée de la Résistance dans le Finistère les associations de résistants ont souhaité honorer en commun tous ceux qui participèrent à cette si longue lutte et ceci est donc leur message.

TEXTE DE M ALEXIS LE GALL (Président de l’amicale des anciens de la 1ère DFL)

C’est le 18 juin 1940 que la résistance commença quand, de Londres et sur les ondes de la BBC le général de Gaulle signifia son refus de l’armistice décidé par Pétain et lança son appel à se joindre à lui pour continuer la lutte. "Quoi qu’il arrive termina-t-il, la flamme de la Résistance ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas".

Le mot était dit, la décision prise. A partir de ce 18 juin nous résisterions. Et ce ne fut pas facile.

Rares, très rares, furent ceux qui le rejoignirent dans la lutte et la mission qui leur fut donnée était immense. "Pour que notre pays puisse, au jour de la victoire à laquelle je crois y figurer au rang des vainqueurs, nous dit-il le 6 juillet 1940 à Londres, il faut qu’à la fin l’on puisse dire que la France n’a jamais cessé le combat et donc votre mission sera d’être présent partout où l’on se bat."

Et effectivement on trouva des Français, dès 1940, dans le ciel de Londres, puis sur mer et enfin sur terre un peu partout en Afrique comme à Tobrouk, Koufra, Massaoua et tant d’autres en 1941, en Crête, à Bir Hakeim, Alamein en 1942 en Libye et Tunisie en 1943 alors que le reste de l’armée d’Afrique et de la Marine changeait de bord et rejoignait la cause alliée pour les derniers combats d’Europe et le hallali final.

Partie de rien notre
Résistance, que vous dites extérieure, était parvenue à rassembler toutes les forces françaises.

Mais n’oublions pas le reste tels nos agents intervenant partout dans le pays. Rien que Par chez nous, la mission d’Estienne d’Orves, les réseaux Johnny, Remy et combien d’autres répartis sur tout le territoire…

Et enfin qu’on ne vienne pas dire qu’elle fut inefficace la voix de nos porte paroles à la BBC, cette BBC interdite mais que tant de personnes écoutaient clandestinement et qui rectifiait la vérité allemande, soutenant le moral de la population et incitant nos habitants à refuser la collaboration vichyste et le pouvoir allemand.

Et puis, en 1943, quand fut envisagée sérieusement la possible réalisation d’un débarquement De Gaulle chargea son émissaire Jean Moulin d’une autre mission, celle de réunir sous son autorité l’ensemble des Résistants de France, d’accepter un chef commun, le général Koenig et de s’apprêter à soutenir par une action commune menée contre les forces d’occupation la future opération de débarquement alliée.

Ce rassemblement des diverses résistances et des divers représentants politiques permettait enfin de préparer le futur régime de la France libérée.

La résistance intérieure : TEXTE DE MME ANNE FRIANT (présidente départementale de l’association nationale des anciens combattants de la résistance et amis de la résistance).

Aujourd'hui, notre pays rend hommage à ces femmes et ces hommes courageux, généreux, héritiers des valeurs de la Révolution française, eux qui en ces temps noirs de la défaite et de l'occupation de la France gardèrent dans leur coeur le farouche espoir de les rétablir, eux qui portent ce nom prestigieux de Résistants.
Ici, dans le Finistère, ils prirent une place majeure.

Sur le sol même de notre pays, la Résistance de l'intérieur, par le renseignement, le sabotage, les tracts, les journaux, la guérilla urbaine, les maquis, se préparait au combat décisif aux côtés des Alliés. A chaque instant la mort attendait les soldats de l’armée de l’ombre.

Un simple acte d'humanité, partager une soupe, offrir un lit à un clandestin et c'était l'horreur des caves où torturaient les bourreaux, la déportation, la mort.
Nous ne saurions oublier dans cet hommage tous ces Résistants étrangers qui combattirent sur notre sol, aux côtés de nos aînés, avec au coeur ce même amour de justice et de liberté.

Tous, soutenant ou entrant dans les maquis, furent dans l'action dès le débarquement des Alliés du 6 juin 1944, et prirent toute leur place dans la libération de notre pays.

Aujourd'hui à toutes ces femmes, à tous ces hommes admirables, dont beaucoup ne virent pas la victoire, nous disons notre respect, notre infinie reconnaissance, notre amour commun des valeurs qui font la grandeur de notre pays.

Que s'est-il passé le 27 mai 1943? Dans Paris occupé, au 48 rue du Four, se réunissait pour la première fois le Conseil National de la Résistance sous la présidence de Jean Moulin. Un événement majeur dans l'histoire de la Résistance. Dix-sept hommes composaient cette assemblée, représentant huit mouvements de Résistance, six partis politiques et deux syndicats. Cette voix unie de la France, une motion, votée à l'unanimité, l'affirmait avec netteté.


Jean Moulin, dit Max, premier délégué général en France occupée, commissaire- ministre- du Comité National Français, Compagnon de la Libération, premier président du Conseil National de la Résistance, venait de réussir la rude et périlleuse mission que lui avait confiée le général de Gaulle, unir la Résistance.
Moins d'un mois plus tard, le 21 juin 1943, lors du rendez-vous de Caluire, Jean Moulin était arrêté par la gestapo de Lyon. Abominablement torturé, il ne livra aucun secret, lui qui les savait tous. Il mourut en gare de Metz le 8 juillet 1943 lors de son transfert vers l'Allemagne.


La Résistance unie au sein du CNR pouvait continuer son oeuvre. Le 15 mars 1944, le programme d'action du Conseil National de la Résistance était adopté à l'unanimité. Les grandes lignes de ce programme préparant pour l'après-guerre une société plus juste, plus démocratique, plus solidaire, pacte social de progrès et de prospérité toujours d'actualité, permirent à notre pays de se relever.

CONCLUSION

18 juin 1940, 27 mai 1943, la France qui combattait, reliée par les ondes de radio Londres, reprenait sa place au sein des Alliés. Elle fut l'une des quatre puissances a recevoir la capitulation des armées nazies. Elle fut un des cinq Grands qui fondèrent l'ONU.
18 juin 1940, 27 mai 1943. Jeunesse de ce pays, entretenez la flamme de la Résistance, donnez lui à votre tour tout son éclat. Continuez l'oeuvre de vos aînés, vous qui vivez dans une Europe enfin en Paix, en étant des citoyens libres, égaux et fraternels envers tous. Votre destin est entre vos mains.
Mais n'oubliez pas! D'autres peuples souffrent encore aujourd'hui qui aspirent eux aussi à la paix, à un monde plus juste, plus fraternel, plus solidaire. N'oubliez pas!