Raymond Aubrac était un des prestigieux parrains du Pôle Jean Moulin, projet lancé par l'ANACR du Finistère.

Chers Résistants, chers Amis,

 Raymond Aubrac était un des prestigieux parrains du Pôle Jean Moulin, projet lancé par l'ANACR du Finistère.
Voici le communiqué destiné à la  presse:
" Les Résistants et Amis de la Résistance ANACR du Finistère saluent la mémoire de Raymond Aubrac.

 Un premier contact étant pris lors de l'inauguration de l'école Lucie Aubrac de Pont-de-Buis-lès-Quimerc'h le 29 06 2012, Raymond Aubrac acceptait bientôt d'être l'un des parrains du Pôle Jean Moulin.

Il reconnaissait dans notre projet ce souci qu'il avait de transmettre la mémoire et les valeurs de la Résistance, la même volonté de transmettre aux jeunes générations l'héritage du programme du Conseil National de la Résistance et de le faire fructifier.

Il y a peu encore, le 5 02 2012, Raymond Aubrac écrivait une courte missive à Pascal Prigent, secrétaire du comité départemental de l'ANACR, afin de nous guider de ses précieux conseils.

Que sa force morale continue de nous guider dans la réalisation du Pôle Jean Moulin. Nous lui promettons de réussir."

Pour le comité départemental ANACR:   Anne Friant présidente   Charles Paperon coprésident   Pascal Prigent secrétaire


* ANACR: Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance.
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HOMMAGE A RAYMOND AUBRAC



La Résistance est en deuil, notre Association, l’Association Nationale des Anciens Combattants et Ami(e)s de la Résistance (ANACR) dont il était membre du Comité d’honneur national, est profondément affectée par la disparition de Raymond Aubrac, le dernier, après le récent décès de Pierre Sudreau, des grands dirigeants nationaux de la Résistance, qui était encore parmi nous.

Dès le début de l’Occupation, il fut parmi les fondateurs de Libération-Sud, l’un des grands mouvements de la Résistance plus tard rassemblés au sein du Conseil National de la Résistance (CNR) par Jean Moulin. Raymond Aubrac fut arrêté avec lui à Caluire le 21 juin 1943.

Puis, ayant réussi à s’évader grâce à son épouse, Lucie Aubrac, camarade de Résistance et compagne de toute une vie de luttes, Raymond Aubrac reprit immédiatement le combat, rejoignant Londres puis siégeant à l’Assemblée Consultative Provisoire d’Alger. Il fut à la Libération nommé par le général de Gaulle Commissaire de la République à Marseille.

Par la suite, ses engagements, publics ou professionnels, sur le plan national ou international, témoignèrent d’une fidélité sans failles avec les valeurs démocratiques et humanistes qui motivèrent son engagement dans la Résistance.

Avec Lucie Aubrac - puis hélas sans elle – il consacra les dernières années de sa vie à la transmission de l’exemple et surtout des valeurs de la Résistance, tout particulièrement aux jeunes générations.

Pleinement citoyen de notre époque, il s’est exprimé à plusieurs reprises avec une grande hauteur de vues sur les graves problèmes auxquels elle est confrontée.

Raymond Aubrac avait fait à l’ANACR l’honneur et l’amitié d’accepter d’être membre de son Comité d’Honneur. Sa disparition est une grande perte pour notre Pays, pour la Résistance, pour notre Association.

Nous nous inclinons avec émotion et respect devant lui.




Louis CORTOT
Compagnon de la Libération
Président de l’ANACR

Paris, le 11 avril 2012



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Votre Témoignage

Bonjour Anne, bonjour à tous,

 
Très bien le courrier transmis à la presse pour rendre hommage au grand résistant que fut Raymond Aubrac. Ici, à Brest, nous nous sommes retrouvés autour de René Plé, dans sa résidence de la rue Branda, avec Charles Paperon et Arthur Baron hier après-midi. René, après son évasion d'Allemagne, avait rejoint Mâcon en avril 1942 et était entré dans la résistance en Saône-et-Loire (il était Brestois depuis 1930, secrétaire du Comité antifasciste depuis 1935).

C'est lui qui, entre autres, reçu les Aubrac sur le terrain d'aviation (une prairie proche de Mâcon) lors de leur évacuation pour l'Angleterre au début de février 1944. Entendre ce très vieux Monsieur de 103 ans (104 ans le 4 juin prochain) parler des Aubrac avec autant de précision dans le souvenir n'a pas laissé les journalistes du Télégramme, De Ouest-France et de Radio Bleue indifférents...


Bonne journée à tous

Michel MADEC



Chers amis
Je participe à l'émotion soulevée par la disparition de notre camarade Raymond AUBRAC, grand combattant antifasciste de la guerre mondiale, comme de l'après-guerre et ardent défenseur des valeurs inscrites dans le Programme du Conseil National de la Résistance. Je reprends quelques mots, qui me plaisent, saisis sur le Net : "Passeur de mémoire, il refusait la récupération. Aux plus jeunes, il disait d’expérience qu’il ne faut jamais partir battus. Solidement ancré à gauche, défenseur de notre laïcité républicaine, citoyen actif jusqu’à ses derniers jours, il nous laisse le bel héritage de la droiture, du courage et de la fidélité à soi-même". Fraternellement -

Edgard DE BORTOLI


Bonsoir Edgard,

Avec la mort de Raymond Aubrac, je pense que les membres de l'ANACR sont en deuil.
Je vous adresse toutes mes condoléances. C'était un grand. 
Je pense que, même mort, son courage restera une boussole pour orienter nos choix de vie, quand le moment se fera sentir.
Je vous remercierais de transmettre mon message à Monsieur Papperon. J'imagine qu'il doit être particulièrement touché par ce départ.
Encore une fois, toutes mes condoléances,
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 le Bayle

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Pasted Graphic édition du 12 avril 2012


Cofondateur du mouvement « Libération-Sud », il était devenu, avec son épouse Lucie, une légende.Décédé mardi soir, à 97 ans, il était le dernier survivant de la réunion de Caluire, fatale à Jean Moulin.
Raymond Aubrac a toujours placé le courage avant la renommée. Quand on lui demandait, parmi de Gaulle, Jean Moulin, Hô Chi Minh, Kissinger, personnalités qu'il a toutes rencontrées, laquelle l'avait le plus impressionné, Raymond Aubrac répondait : « Lucie (sa femme). C'était une femme très intelligente, très cultivée, extraordinairement courageuse. Elle n'avait peur de rien. »
Raymond Aubrac, de son vrai nom Raymond Samuel, est né le jour de l'assassinat de Jean Jaurès, le 31 juillet 1914, dans une famille de commerçants juifs de Vesoul (Haute-Saône). Après avoir échoué au concours d'entrée à Polytechnique, il entre à l'École nationale des Ponts et Chaussées en 1934. Le jeune étudiant se montre très vite sensible aux thèses marxistes, sans pourtant prendre sa carte au Parti communiste.
« Nous étions des optimistes »
Lorsque la guerre éclate, Raymond Samuel fait son service militaire comme officier du génie sur la ligne Maginot. Fait prisonnier par les Allemands, le 21 juin 1940, il s'évade avec l'aide de sa femme, Lucie Bernard, rencontrée en 1939. Tous les deux gagnent la zone libre. Sous divers pseudonymes, dont celui d'Aubrac, Lucie et Raymond contribuent durant la guerre à faire de « Libération », le mouvement de résistance le plus important en zone sud.
Ils consacrent alors leur temps aux activités de l'organisation
 : diffusion de tracts, recrutements, sabotages. Raymond Aubrac revenait, en juin 2009, dans nos colonnes, sur son engagement : « Personne n'était obligé de venir et de rester dans la Résistance. Les hommes sont capables de désobéir à des lois et d'obéir à leurs consciences. Nous étions des optimistes, des gens persuadés que ça servirait à aider et faire progresser le pays. »
Le 21 juin 1943, il est arrêté en compagnie de Jean Moulin, à Caluire, par Klaus Barbie, le chef de la Gestapo. Le chef du Conseil national de la Résistance meurt quelques jours plus tard. Aubrac est emprisonné à la prison Montluc de Lyon. Sa femme organise son évasion. Le 21 octobre 1943, Lucie, enceinte de six mois, mène une opération commando pour libérer son mari et quatorze autres résistants lors d'un transfert. Le couple rejoindra ensuite Londres.
Devenu spécialiste de l'alimentation dans le monde, Raymond Aubrac n'a jamais cessé de militer pour la mémoire de la Résistance et pour la paix. Il sillonnait la France, à l'invitation des professeurs d'histoire. Le 28 février, à l'occasion de la journée de la Résistance, il était en déplacement au collège Louise-Michel d'Alençon. Il a pu échanger avec les élèves et faire passer un message. « Ce que je veux dire à la jeune génération ? Ayez confiance en vous ! »
Nicolas Sarkozy a rendu hommage à « cette figure historique de la résistance ». François Hollande, qui avait reçu le soutien de Raymond Aubrac, a fait part de son « immense tristesse » et a ajouté : « La mort d'un homme n'empêche pas que son combat continue. » Référence à la devise de Lucie Aubrac décédée en 2007 : « Le verbe résister se conjugue toujours au présent. »
Raphaël LAURENT.

OUEST FRANCE





Capture d’écran 2012-04-12 à 23.37.10 édition du 12 avril 2012
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Raymond Aubrac. La mort d'un grand résistant
12 avril 2012

Le grand résistant Raymond Aubrac, l'une des dernières personnalités de la Résistance à avoir connu Jean Moulin, est mort mardi soir à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, à l'âge de 97 ans.
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Cofondateur du mouvement Libération Sud, Raymond Aubrac était le dernier survivant des chefs de la Résistance réunis et arrêtés en juin1943 à Caluire, près de Lyon, avec le chef du Conseil national de la Résistance (CNR) Jean Moulin. Sa femme Lucie Aubrac, épousée en 1939, elle aussi héroïne de la Résistance, était morte en 2007 à l'âge de 94 ans. Ils avaient trois enfants et dix petits-enfants. Le père et la mère de Raymond Aubrac, Albert et Hélène Samuel, avaient péri en camp d'extermination. Nicolas Sarkozy a rendu hommage à cette «figure héroïque de la Résistance». «Ces héros de l'ombre qui ont sauvé l'honneur de la France, à un moment où elle semblait perdue, disparaissent les uns après les autres», a commenté le chef de l'État. Témoigner et raconter la Résistance Né le 31juillet 1914, juste avant le début de la Première Guerre mondiale dans une famille de commerçants juifs de Vesoul, de son vrai nom Raymond Samuel, Raymond Aubrac était resté un citoyen très actif, marqué à gauche, se rendant pendant des années dans les collèges et les lycées en compagnie de sa femme pour témoigner et raconter la Résistance (lire ci-dessous). Pour lui, résister, c'est «surveiller ce qui se passe, essayer de comprendre ce qui se passe dans la société qui nous entoure. Et quand on a le sentiment qu'on est devant une injustice, réagir à l'injustice et ne pas se contenter de la constater mais essayer de faire quelque chose». Un temps compagnon de route du parti communiste, il avait appelé à voter François Hollande au premier tour de la prochaine élection présidentielle. Réagissant à son décès, le candidat socialiste a assuré que «dans les périodes les plus sombres de l'histoire de notre pays, il fut, avec Lucie Aubrac dont nous célébrons en juin le centième anniversaire de la naissance, parmi ces justes qui trouvèrent, en eux-mêmes et au creuset des valeurs universelles que porte notre République, la force de résister à la barbarie nazie». Grand'croix de la Légion d'honneur, Croix de guerre 1939-1945, rosette de la Résistance, Raymond Aubrac s'est engagé dès 1940 dans la Résistance avec Lucie, et est devenu attaché à l'état-major de l'Armée secrète. Libéré grâce à un raid monté par Lucie Arrêté le 21juin 1943 à Caluire, emprisonné à Montluc, Raymond Aubrac et quatorze résistants sont libérés grâce à un intrépide raid de commando monté par Lucie, qui entrera dans la légende de la Résistance, un épisode au centre du film de Claude Berri, «Lucie Aubrac» (1997). Recherché par la Gestapo, le couple est parti pour Londres, puis Raymond a gagné Alger, où il est devenu délégué à l'Assemblée consultative en juin1944. À la Libération, il est devenu commissaire régional de la République à Marseille, responsable du déminage du littoral, puis inspecteur général à la Reconstruction. Pour François Bayrou, candidat centriste à l'Élysée, le défunt était «une extraordinaire figure», et il a «passé sa vie» à «raconter ce que la Résistance avait été» avec «force, vie, volonté et amour». Eva Joly, candidate d'EELV, a jugé que l'engagement de Raymond Aubrac était «une leçon de courage et de résistance pour tous».


Capture d’écran 2012-04-12 à 23.37.1012 avril 2012 à 08h05


Disparition de Raymond Aubrac.
Un Brestois avait aidé les Aubrac à fuir en Angleterre
12 avril 2012 à 08h05 -


Le grand résistant Raymond Aubrac, l'une des dernières personnalités de la résistance à avoir connu Jean Moulin, est mort mardi soir à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, à l'âge de 97 ans. Le 4 février 1944, le Brestois René Plé, 103 ans aujourd'hui, avait contribué à la fuite de la famille Aubrac vers l'Angleterre. Il se souvient.
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Voir également : > Mort de Raymond Aubrac : images d'archives Au tout début de la Seconde Guerre mondiale, René Plé compte parmi les premiers mobilisés. À deux reprises il est fait prisonnier, et parvient à s'évader. Trop connu de Vichy pour regagner Brest, où l'attend sa femme, il entre alors dans la Résistance et aide les réfugiés à rallier Londres. Près de 70 ans plus tard, le Brestois n'a rien oublié. «À chaque fois, c'était le même rituel», se souvient celui qui fêtera ses 104 ans en juin. «Une camionnette passait me prendre de nuit le long d'une route. À l'intérieur, nos armes, cachées sous un sac de jute. Nous nous rendions sur l'une des prairies des environs de Mâcon, à Saint-Laurent-sur-Saône.» Pour lui, le 4 février 1944 est une exfiltration comme les autres. Il faut d'abord se planquer, pas trop loin de la rivière, au cas où il faudrait décamper en vitesse. Ensuite, il faut attendre et guetter le ronronnement de l'avion en approche, puis allumer sa lampe torche pour le guider vers la piste d'atterrissage improvisée. «Elle, c'était Lucie lui, c'était Raymond» «Tout devait être fini en moins de trois minutes, continue René Plé. L'avion atterrissait, des passagers en sortaient, d'autres s'y engouffraient. Pour des raisons évidentes de sécurité, on ne savait jamais de qui il s'agissait. Mais je me souviens bien de cette femme enceinte qui peinait à avancer, avec son mari et son fils». Elle, c'était Lucie Aubrac, qui accouchera peu après d'une fille, Catherine. Lui, c'était Raymond. Avec leur fils, ils cherchent à rejoindre Londres, après l'évasion de Raymond de la prison de Montluc. S'il a reçu la Croix de Guerre, René Plé se moque des décorations. Il a notamment refusé le «Diplôme d'honneur» que lui proposait l'Élysée, en 2010. Il participera en revanche à l'hommage aux Brestois fusillés lors de l'épisode sanglant du Mont Valérien, le 30juin. Pour cet ami de Stéphane Hessel, comme pour ses camarades de l'Anacr: «Résister, c'est agir. Il faut être dans l'action!»
  • Jean-Marc Le Droff
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À Pont-de-Buis, il avait inauguré l'école Lucie-Aubrac

    De mémoire de plusieurs générations, l'école élémentaire de Pont-de-Buis (Finistère) n'avait jamais eu de nom. À la demande des parents, elle fut baptisée école Lucie-Aubrac. Le 29juin 2010, Raymond, son mari, venait l'inaugurer. François Julou, président de la section locale de l'Union bretonne des combattants, «entré dans la résistance à 17 ans», était présent lors de l'inauguration. «J'avais pu échanger assez longuement avec lui. Et j'ai été impressionné par la clairvoyance d'un tel personnage qui, à 96ans, était resté fidèle à son idéal. C'était un homme très abordable qui savait se mettre à la portée de tous ses interlocuteurs.» «Des piques» au recteur Le maire de la commune, Roger Mellouët, évoque pour sa part, le souvenir d'un homme ayant «conservé toute sa verve et son humour». Et le vice-président du conseil général d'évoquer «les petites piques», lancées par Raymond Aubrac au recteur d'académie de l'époque, Alain Miossec, avec qui il n'était pas franchement sur la même longueur d'onde politique. Un enfant, en CE2 à l'époque de la venue de Raymond Aubrac, se rappelle «que c'était bizarre de voir quelqu'un de célèbre qui habitait loin et qui était venu spécialement pour notre école: on a eu de la chance». Quant à sa maman, présente aussi ce jour-là, elle garde en mémoire l'image d'un homme «paraissant avoir une grande énergie, malgré son grand âge». Elle se souvient que Raymond Aubrac leur avait confié que le fait de voir le nom de son épouse, «qu'il a toujours chérie», inscrit au fronton de nombreuses écoles «le réjouissait pleinement», sachant que c'était toujours un «formidable moyen» de faire transmettre aux générations suivantes l'héritage de la Résistance.
    • Recueilli par Loïc L'Haridon et Agnès Cochennec