RESISTANCE ET DEPORTATION :

MARIE-JOSE CHOMBART DE LAUWE  TEMOIGNE
ET APPELLE A LA VIGILANCE



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L’ ensemble des élèves de 3
ème des collèges publics de Plounéour-Ménez, Huelgoat et Sizun a eu le privilège de rencontrer une grande et digne dame : Marie-Jo Chombart de Lauwe, Résistante déportée.

La Conférence, initiée par le collège Jean Jaurès, avait lieu à Huelgoat, dans la salle de spectacle du Centre d’ accueil et de loisirs.

Une rencontre enregistrée et filmée*, avec le concours de l’ A.N.A.C.R. (Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance) du Finistère.

Née en 1923, Marie-Jo Chombart de Lauwe entre en Résistance dès 1940 dans les Côtes d’ Armor. Elle contribue activement aux activités de renseignement et d’ évasion, autour de Bréhat en particulier où elle vit alors avec ses parents.

Arrêtée le 22 mai 1942, elle est incarcérée à Rennes, puis à Angers, Paris (La Santé) et Fresnes.

Condamnée à mort, sa peine est finalement commuée en déportation  : à Ravensbrüch, puis à Mauthausen : deux ans durant, c’ est l’ enfer qu’aucun mot ne peut décrire, un choc dès les premières secondes, brutales et sauvages.

Classée  «Nacht und nebel» (NN) , «Nuit et Brouillard», elle est vouée à «disparaître sans laisser de traces». Elle survivra malgré tout. Malgré la volonté des nazis de déshumaniser les déportés devenus de simples numéros : que les hommes ne soient plus des hommes, que les femmes ne soient plus des femmes, que les nouveaux nés, dont elle a eu la charge, ne soient plus des nouveaux-nés. Elle garde l’ image atroce et indélébile des bébés morts dans les sinistres morgues.

Au delà de ce récit poignant, Marie-Jo Chombart de Lauwe a particulièrement insisté sur la Résistance dans les camps nazis, qui est le thème du Concours National de la Résistance et de la Déportation 2012, un concours créé en 1961 auquel participent plusieurs élèves volontaires, une tradition dans les Monts d’ Arrée.

Résister, c’est survivre, échapper à la mort physique, omniprésente et quotidienne, mais c’est aussi rester «des êtres pensants», garder sa dignité d’ homme et de femme. Grâce à soi-même et grâce aux autres : la solidarité et le partage ne furent sans doute jamais aussi précieux.

Résister dans les camps, c’ est aussi tenir le choc pour pouvoir dire et écrire l’ impensable et témoigner de l’ horreur, aujourd’hui encore, partout en France et ce jour-là à Huelgoat, au cœur d’ une terre de Résistance.

Femme de convictions, Marie-Jo Chombart de Lauwe a enfin appelé les jeunes à la vigilance, en les exhortant à refuser l’inacceptable pour ne pas que l’ horreur se reproduise. S’ ils ont pu approfondir leur connaissance d’ une page incontournable de la Seconde Guerre Mondiale, au programme de 3
ème, nul doute que les collégiens sauront surtout en tirer des leçons d’ Education Civique et que cette page, ils ne la refermeront pas. Jamais.

*contact: Laurent Guélard

Pascal PRIGENT