RESOLUTION

Il y a 38 ans, lors du Congrès national qu’ils tenaient en 1970 à Sallanches, les Résistantes et les Résistants rassemblés dans l’Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance (ANACR), décidaient la création des «Ami(e)s de la Résistance», afin de permettre à des femmes et des hommes qui, pour des raisons d’âge en premier lieu, n’avaient pas pris part à la Résistance mais en partageaient les valeurs, humanistes, démocratiques et patriotiques, de participer aux activités de l’ANACR, de lui apporter leur aide dans la lutte qu’elle mène depuis sa création pour faire vivre ces valeurs de la Résistance, pour transmettre la mémoire authentique des combats de la Résistance, pour s’opposer à toute résurgence du fascisme.

Ainsi, depuis 38 ans, en nombre croissant, pour atteindre aujourd’hui près de 10 000 membres, les «Ami(e)s de la Résistance (ANACR)», associé(e)s aux Comités locaux et départementaux de l’ANACR, apprenant des Résistants ce que fut la réalité de la Résistance, se pénétrant de ses valeurs exprimées en premier lieu par le Programme du Conseil National de la Résistance, ont partagé tous les combats de l’ANACR pour la transmission de la mémoire, pour honorer les Résistantes et les Résistants qui se sont sacrifiés pour la libération de la France et la liberté de son peuple, pour la reconnaissance du rôle historique de la Résistance, ce que doit concrétiser l’instauration d’une Journée nationale de la Résistance le 27 mai, pour dénoncer tous les fascismes, pour la défense de la paix.
 
De grande importance pour l’avenir furent en 1990 les décisions du Congrès de Perpignan de l’ANACR de créer d’une part des Groupes locaux et départementaux d’«Ami(e)s de la Résistance (ANACR)», développant, en symbiose avec les Comités de l’ANACR et sur les mêmes orientations qu’eux, des activités spécifiques, adaptées aux générations nouvelles venant se joindre à la lutte commune, et d’autre part d’intégrer au sein des directions locales et départementales de l’ANACR des «Ami(e)s de la Résistance» comme «membres associés», avant même qu’ils ne le soient au sein du Conseil National puis du Bureau National de l’ANACR.
 
Ces décisions ont, dans les départements où elles ont été mises en œuvre, permis tout à la fois de recruter en nombre des Ami(e)s de la Résistance, de développer leur engagement au côté des Résistants, de former des cadres expérimentés, de transmettre aux Ami(e)s de la Résistance l’expérience de plus de 50 ans d’existence et de combat de l’ANACR, en premier lieu le souci permanent de préserver son caractère pluraliste fondateur qui lui a permis d’être - et de rester jusqu’à nos jours - la grande Association représentative des Résistant(e)s dans leur diversité d’opinions démocratiques. Elles ont permis aussi de faire connaître, départementalement et nationalement, en premier lieu par les Pouvoirs publics, l’existence des «Ami(e)s de la Résistance» partageant  les valeurs et le combat des Résistants, ce qu’a concrétisé en 2003, sur le plan national, la création de l’«Association Nationale des Ami(e)s de la Résistance (ANACR)».
 
Depuis 1944 et la Libération, depuis 1945 et la Victoire sur les fascismes hitlérien et japonais, plus de 60 ans ont passé, et les rangs de celles et ceux qui contribuèrent à cette Libération et à cette Victoire se sont éclaircis. Inexorablement disparaissent peu à peu celles et ceux qui écrivirent ces pages glorieuses de notre histoire, les conséquences de l’âge qui s’avance diminuant les forces de toutes et tous. Cette réalité, qu’il n’est hélas du pouvoir de personne de modifier, a eu des conséquences négatives sur le fonctionnement des comités locaux puis départementaux de l’ANACR, hypothéquant même parfois leur survie, elle a posé avec force la nécessité de la transmission de la mémoire, celle d’assurer la pérennisation de l’ANACR.
 
Depuis longtemps déjà, peu à peu et de manière croissante, les «Ami(e)s de la Résistance» ont été sollicités par les Résistant(e)s d’apporter leur concours direct au fonctionnement des comités de l’ANACR, à  celui de leurs directions, souvent condition nécessaire pour assurer la poursuite de l’activité du comité de l’ANACR. C’est la prise en compte de cette réalité qui a conduit, à partir d’une réflexion commune menée avec celle de l’«Association Nationale des Ami(e)s de la Résistance (ANACR)», la Direction nationale de l’ANACR à proposer au Congrès national réuni à Limoges en octobre 2006 d’ouvrir, à part entière et à égalité statutaire de droits avec les Résistants, les rangs de l’ANACR aux «Ami(e)s de la Résistance». Proposition qui, marquant une grande confiance des Résistants à l’égard des «Ami(e)s de la Résistance» et leur conférant une grande responsabilité, fut adoptée à l’unanimité.
 
Depuis deux ans, la mise en œuvre  de cette décision, conjointement à  l’accroissement des nécessités l’ayant motivée, a conduit en nombre de plus en plus grand des «Ami(e)s de la Résistance» à devoir prendre des responsabilités dans les Comités de l’ANACR, à la fusion des activités des comités de l’ANACR et des Groupes d’Ami(e)s correspondants, voire à leur fusion organisationnelle.
 
C’est cette réalité qui a conduit les 2èmes Assises nationales de l’«Association Nationale des Ami(e)s de la Résistance (ANACR)», réunies à Paris le 29 mars 2008, à prendre la décision de mettre un terme à ses activités spécifiques - tant aux plans locaux et départementaux que national - à la date du 31 décembre 2008, et de mandater la Commission Nationale et la Commission de contrôle financier, élues à ces Assises afin d’assurer le fonctionnement de l’Association jusqu’au terme de son existence, pour qu’elles finalisent début 2009 les procédures juridiques conduisant à l’enregistrement officiel de la dissolution de l’Association par la fusion à tous les niveaux de ses structures et activités avec celles de l’ANACR, désormais seul cadre d’organisation et d’action des «Ami(e)s de la Résistance».
 
Dans un monde où le racisme, la xénophobie, les atteintes à la dignité humaine, les dictatures et les guerres restent une triste réalité, le message historique de la Résistance, de par les valeurs qu’elle exprimait et l’exemple qu’elle a donné du refus de l’oppression, est plus que jamais nécessaire à faire connaître au plus grand nombre, en premier lieu aux jeunes générations, ce qui passe par l’approfondissement et la diffusion de la connaissance de l’Histoire de la Résistance, de l’histoire du combat contre le fascisme, ce qui souligne l’importance du Concours National de la Résistance et de la Déportation.
 
C’est là, depuis 38 ans, une mission assignée, à leurs côtés, par les Résistant(e)s aux «Ami(e)s de la Résistance», c’est là une mission que les  «Ami(e)s de la Résistance» entendent poursuivre dans le présent et le futur au sein de l’«Association Nationale des Anciens Combattants et Ami(e)s de la Résistance», l’ANACR.
 
Paris, le 29 mars 2008

ANNE FRIANT-MENDRES