Lycée de l’Harteloire- BREST :  L'agent Rose ressuscitée
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Andrée Peel née Virot

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Lycée de l’Harteloire- BREST :  L'agent Rose ressuscitée
Le Télégramme Brest 08/06/2016

http://www.letelegramme.fr/finistere/brest/harteloire-l-agent-rose-ressuscitee-08-06-2016-11099087.php
Les élèves de 3e2 de l'Harteloire ont travaillé plus de six mois sur ce documentaire parfaitement réalisé et très original.
 
En 2010, quelque part dans le Sud-Ouest anglais, Andrée Peel née Virot, mourait à l'âge respectable de 105 ans.
Une mort qui a aujourd'hui réveillé les souvenirs d'une classe de 3e du collège de l'Harteloire, partie sur les traces de cette Résistante brestoise que l'on appelait « l'agent Rose ».
Un docu-fiction audio d'une demi-heure sur cette vie a été réalisé en conséquence. Mais ce n'est pas le seul avantage de ce travail de fourmi...

 
C'est un grésillement. C'est un bout des « Français parlent aux Français », un morceau de la capitulation de Pétain, une phrase de l'appel du 18-juin.

C'est un habillage cousu en apnée 70 ans et un peu plus auparavant avec des morceaux d'Histoire en guise de points.

C'est un objet émouvant, riche, habile et documenté que viennent de livrer les élèves de 3e2 du collège de l'Harteloire au jury du concours de la Résistance et de la Déportation. Ils ont été récompensés comme pas mal d'autres, en Finistère.

« Nous n'irons pas à la finale nationale, c'est ce qui nous déçoit un peu », regrette tout juste la prof de français, Frédérique Maréchal qui, avec son collègue historien Alain Le Bloas, a mené la barque collégienne du point zéro à ce document remarquable.

 
Andrée, de la rue Voltaire

Il traite d'Andrée, la coiffeuse, qui habitait dans la rue Voltaire d'avant, ce jour de juin 1940. D'Andrée qui le jour de la débâcle, a habillé des soldats pour les empêcher de tomber dans les pattes noires des Nazis. D'Andrée l'esthéticienne de la rue de Siam qui deviendra l'agent Rose de la Résistance. D'Andrée Virot, morte à Bristol en 2010, à l'âge de 105 ans.
 
Exercices de mise en voix

« Ce sont nos profs qui nous ont donné l'idée, après les vacances de la Toussaint », se rappelle la pétulante Zoé, « et nous avons travaillé jusqu'à la fin mars ».

Une plongée dans une époque « que nous ne connaissions qu'un peu parce qu'on l'aborde en 5e » mais qui méritait, de l'avis de tous et notamment de Naomi, « un bon approfondissement ».

Cléa ne peut qu'acquiescer. « C'est intéressant de savoir ce qui s'est passé, ce n'est quand même pas super vieux. Moi, mon arrière-grand-mère est encore vivante, elle a connu ça en étant ado.

À chaque fois qu'elle en parle, elle a les larmes aux yeux. Elle était ado ». Alors, pour l'agent Rose, « il a fallu quelque chose de surprenant », rappelle Frédérique Maréchal, « quelque chose qui mixe l'écrit et l'oral.

Les élèves écrivent beaucoup en cours, et le docu-fiction radiophonique que nous avons réalisé permet en plus de travailler la lecture et la mise en voix ».

Exercices salués par la classe entière qui, dans le texte, a mélangé l'histoire de la Résistante aux écrits d'époque de Kessel, Desnos et autres.

« Nous avons été assez surpris de voir le nombre de livres qui avaient été écrits sur le sujet », poursuit Cléa, « nous n'avons eu que l'embarras du choix ».

À raison d'une heure par semaine, chaque semaine à l'heure de la pause, les élèves ont lu et relu, écrit et parlé dans les enregistreurs.

« Nous faisions les exercices dans l'amphithéâtre du lycée. Des fois, on n'y arrivait pas alors il fallait recommencer. Ce travail d'articulation nous a beaucoup aidés », continue Youssef, qui salue au passage l'implication de la MPT de l'Harteloire pour ce travail collectif.

À l'arrivée, le travail sera diffusé mardi prochain après avoir été reconnu par le concours de la Résistance et de la Déportation. Surtout, « ça nous a permis d'avaler sans peine pas mal de textes », sait Frédérique Maréchal.

 
Pour l'éternité

Ses élèves savent aussi que « l'agent Rose était bien renseignée » parce que, comme le dit la bande et le prof Michel Madec, « on a tendance à se confier à sa coiffeuse en parlant lorsqu'elle coupe les cheveux ».

Savent qu'un traître l'a dénoncée et qu'elle a connu l'enfer des camps. Dans la classe de 3e2, la Résistance n'est plus un mot dans un corps de cours. Elle s'est incarnée dans la peau d'une femme et la façon qu'ils ont de le transmettre force maintenant le respect.

 
Audiance publique
Ue docu-fiction réalisé par la classe autour de la vie d’Andrée Virot « Portrait d’une Résistante brestoise », sera diffusé publiquement le mardi 14 juin, à 19 h, à l’amphithéâtre de la cité scolaire de l’Harteloire.

9 heures ont été nécessaires pour le montage du docu-fiction de 28 minutes. Pour les six élèves coachés par Agathe Siminel, de Longueur d’ondes, il a fallu arbitrer dans 2 h 30 d’enregistrement.

L’entrée est gratuite. L’écoute du travail sera complétée par un échange avec Michel Madec, prof d’histoire-géo.
 
Biographie d'Andrée PEEL née VIROT :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9e_Peel
http://femmesguerrieres.blogspot.fr/2014/06/andree-peel-lagent-rose-resistante-et.html