« La paix et la liberté sont la garantie du bonheur des peuples » Serment de Mauthausen, 16 Mai 1945

Jeannie de Clarens, née Rousseau : Décès d'une espionne dinardaise
Ci dessus, Jeannie de Clarens, née Rousseau, vers 1940
C'est à Dinard qu'elle commenca ses activités d'espionnage :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeannie_de_Clarens

http://memoiredeguerre.pagesperso-orange.fr/biogr/clarens-rousseau.htm

Décès de Jeannie de Clarens
Le Télégramme 02/09/2017

http://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/saint-brieuc/deces-jeannie-de-clarens-une-espionne-briochine-02-09-2017-11648090.php

Née à Saint-Brieuc le 1e r avril 1919, Jeannie Rousseau de Clarens est décédée le 23 août. Peu connue du grand public, la Briochine grandit à Paris avait joué le rôle d'espion pendant la Seconde Guerre mondiale.

Venue au monde le 1e r avril 1919, Jeannie de Clarens, née Rousseau, n'a pas laissé de trace mémorable dans les archives briochines. Pour cause. Jeannie Rousseau, décédée le 23 août à l'âge de 98 ans, est simplement née à Saint-Brieuc au 55, rue des Jardins, aujourd'hui la rue Alsace-Lorraine, dans la maison de sa grand-mère maternelle.

Ses parents, eux, étaient installés depuis plusieurs années à Paris. C'est d'ailleurs là-bas que celle qui marquera, plus tard, l'histoire avec un grand H de son empreinte passe l'essentiel de sa jeunesse.

Entre deux voyages à l'étranger sur les traces de son père, vétéran de la Première Guerre mondiale gazé en septembre 1915, qui a travaillé au ministère des Affaires étrangères.

Et peut-être quelques passages dans la Cité gentille pour rendre visite à sa grand-mère maternelle, Alexandrine Le Charpentier, issue d'une vieille famille de négociants briochins.

Nom de code « Amniarix

» La guerre va faire d'elle une héroïne. Diplômée de Science-Po Paris en 1939, elle arrive à Dinard avec ses parents durant l'année 1940. Parlant couramment allemand, elle commence un travail d'interprète entre les services de la Ville et les autorités allemandes. L'occasion pour elle d'obtenir des informations sur l'occupant, qu'elle n'hésite pas à transmettre aux résistants locaux. Ce qui lui vaudra une première arrestation en 1941. De retour à Paris, elle est recrutée en 1942 par Georges Lamarques, fondateur de Druides, un sous-réseau de résistance rattaché au réseau Alliance, l'un des réseaux de renseignement les plus actifs.

Voici Jeannie Rousseau de Clarens, secrétaire dans un service de relations publiques, transformée en espionne amateur sous le nom de code « Amniarix ». En 1943, elle fournira aux Britanniques les bases du « Wachtel Report », qui dévoile le programme secret de développement des fusées V1 et V2. Des renseignements qui pousseront les Britanniques à lancer l'opération Hydra : le bombardement, le 18 août 1943, de la base allemande de Peenemünde, siège du développement des armes secrètes du régime nazi.

Une médaille de la CIA

Malgré une tentative d'exfiltration, Jeannie Rousseau de Clarens sera arrêtée par les Allemands. Déportée à Ravensbrück, elle y restera jusqu'en avril 1945. Prise en charge par la Croix-Rouge, elle sera traitée pour la tuberculose.

À l'hôpital, Jeannie Rousseau rencontre Henri de Clarens, un autre patient qui sort des camps de Buchenwald et d'Auschwitz. Ils se marient à Paris le 14 février 1947 et auront, par la suite, deux enfants.

Après la guerre, Jeannie Rousseau de Clarens a, entre autre, travaillé comme traductrice pour les Nations Unies. Décorée de la Légion d'honneur en 1955, elle est promue Grand officier en 2009. En 1993, la CIA lui avait décerné le Seal Medallion « pour son héroïsme et sa contribution, durant la Seconde Guerre mondiale, en tant que membre de la résistance française.

» En milieu de semaine, les médias outre-Atlantique ont été nombreux à saluer la mémoire de Jeannie Rousseau de Clarens. Le New York Times, entre autre, a écrit un long article sur celle qui avait refusé, jusqu'à une interview en 1998 à un journaliste du Washington Post, d'aborder publiquement son activité de résistante et d'espionne.