Commémoration. Vél’d’Hiv : quand « l’horrible s’est produit »

Cérémonie AFMD et ANACR

Mis en ligne le 24 juillet 2019
Commémoration. Vél’d’Hiv : quand « l’horrible s’est produit »
L’inquiétante résurgence des crimes de haine antisémites rappelle qu’il ne faut jamais oublier son Histoire. À Quimper, comme dans toute la France, ce dimanche, était commémoré l’anniversaire de la rafle du Vél’d’Hiv.

Triste anniversaire. Ce dimanche matin, Quimper rendait hommage aux victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français. Depuis 2000, cette journée est fixée au 16 juillet, si c’est un dimanche, ou au dimanche suivant. Elle correspond à la date anniversaire des rafles des 16 et 17 juillet 1942, au cours desquelles près de 13 000 personnes furent arrêtées dans Paris et sa banlieue dont plus de 8 000 furent regroupées au Vélodrome d’Hiver (ou Vél' d’Hiv) avant d’être déportées. Ludovic Jolivet, le maire de Quimper a cité Jacques Chirac dont il dit que « les mots résonnent pour l’éternité et sont marqués du sceau de l’Histoire ».

Le discours prononcé par l’ancien président de la République lors des commémorations de la Rafle du Vel’d’Hiv’en 1995 a marqué les mémoires :
« Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’État français. Il y a cinquante-trois ans, le 16 juillet 1942, 450 policiers et gendarmes français, sous l’autorité de leurs chefs, répondaient aux exigences des nazis ».
Mea Culpa immense et nécessaire.

Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’État français.


Les Justes
Philippe Doucet-Azoulay, vice-président de l’association cultuelle israélite de Brest a ouvert la cérémonie en mettant en valeur ceux que l’on nomme les Justes, ceux qui ont sauvé des Juifs voués à la mort, au mépris de leur propre vie. « Qui sauve une vie sauve l’humanité toute entière », a-t-il rappelé. « Nous nous devons de témoigner obstinément pour tous ceux dont il ne reste que les noms et les cendres. Pour ceux aussi, sans qui l’humanité aurait perdu tout honneur », a poursuivi l’homme, très ému, kippa brodée sur le sommet du crâne. Dans l’assistance, l’air est de circonstance : grave. « Des centaines de rescapés anonymes de la Shoah sont décédés ces dernières années. Un à un s’éteignent ainsi les grands témoins de cette tragédie : Elie Wiesel, Claude Lanzmann ou encore Simone Veil. Leurs voix se sont tues mais demeurent leurs témoignages, leurs exemples, comme preuves tangibles et obstinées que l’horrible s’est produit ».

Max Jacob à Drancy

Rassemblés devant la plaque commémorative dans les jardins du théâtre Max-Jacob, Ivan Bouchier, sous-préfet de Brest, des élus et des anonymes avaient, bien entendu, une pensée toute particulière pour le peintre, poète et romancier français né à Quimper en 1876. Arrêté le 24 février 1944 par les Allemands à sa table de travail de Saint-Benoît- sur-Loire, il fut interné à Drancy où il est mort le 5 mars 1944 des suites d’une pneumonie, alors que ses amis, dont Picasso, Cocteau et Guitry, se démenaient pour obtenir sa libération. « Comme la grande majorité des Juifs français, ces figures illustres refusaient de croire que la patrie des Droits de l’Homme les abandonnerait à la haine antisémite », a souligné Philippe Doucet-Azoulay avant de poursuivre : « C’est l’indifférence qui, aujourd’hui comme hier, assassine. En détournant les yeux nous sommes coresponsables des tragédies qui s’abattent sur nos frères humains. Ce qui était vrai dans les années quarante en France, l’est également aujourd’hui ».

Retrouvez plus d'articles
Antisémitisme Shoah Vél' d'Hiv Max Jacob Quimper
Photos de JEAN MARC NAYET

Lors de la cérémonie qui s'est tenue à Quimper à l'esplanade Loeix-et-Erwan-Ropars en Hommage aux Justes de FRANCE.
Stacks Image 11
Stacks Image 42
Stacks Image 44
Stacks Image 40
Stacks Image 38
Stacks Image 36
Stacks Image 34
Stacks Image 32
Stacks Image 30
Stacks Image 28
Stacks Image 26