La collusion entre l'industrie chimique allemande et les SS.
Plus jamais ça!

 Extraits du livre « Le sang de l'espoir » de Samuel Pisar, né en Pologne en 1929, déporté à Auschwitz. Il deviendra conseiller de John Fitzgerald Kennedy.
Décédé en 2015.
Samuel pisar parle de
I G Farben, le cartel allemand géant de la chimie: 

«  Au cours de la période hitlérienne se développa une entente politique et économique totale entre la firme et le régime, fondement de la machine militaro-industrielle du Reich.
...La main-d'oeuvre autochtone dans l'Allemagne du temps de guerre était désastreusement réduite par les besoins en hommes sur le front militaire. la logique et l'efficacité dictèrent la solution: on construirait de nouvelles usines géantes à proximité des camps de concentration.
Ainsi, à quelques kilomètres d'Auschwitz, une abondante réserve de main-d'oeuvre esclave et quasiment gratuite travaillerait-elle dans les plus grands ateliers de pétrole et de caoutchouc synthétiques de la firme. Des régiments interminables de sous-hommes pitoyables[ ] seraient utilisés jusqu'à l'épuisement et la mort dans un roulement rapide, afin que l'Europe sous la botte allemande ait suffisamment d'essence et de pneus.
L'association entre la firme et les SS fut baptisée Division I G Auschwitz. Suivant sa politique déclarée, la main-d'oeuvre serait « nourrie, logée et traitée dans le souci d'une exploitation maximale, pour le coût le plus bas qu'il soit possible de concevoir. »
D'après les conditions de cette association avec le diable, l'I G Farben acceptait de payer aux S S un tarif journalier de 4 marks par ouvrier qualifié, 2 marks par manoeuvre et 1 mark et demi par enfant au travail. Inutile de dire que les prisonniers ne touchaient rien.

Voici quelques extraits de la correspondance de l'I G Farben avec les S S d'Auschwitz en 1943, produite devant le tribunal de Nuremberg lors des procès pour crime contre l'humanité des directeurs de la firme:

« Dans le but d'une expérimentation de nos nouvelles pilules de somnifères, nous aimerions que vous nous fournissiez un certain nombre de femmes...
Nous avons bien reçu votre proposition, mais estimons que 200 marks par femme est un tarif excessif. Nous n'envisageons pas de payer plus de 170 marks par tête. Si cela vous convient, nous sommes prêts à entrer en possession des femmes. Nous vous en demandons environ cent cinquante...
Nous avons bien reçu votre livraison de cent cinquante femmes. Malgré leur maigreur nous avons jugé leur état convenable. Nous vous tiendrons au courant de la suite de nos expériences...
Les expériences sont achevées. Tous les sujets sont morts. Nous vous contacterons sous peu pour une nouvelle livraison... » »
P 235 et 236

Voilà ce qu'était l'ordre économique nazi.

Quelles condamnations lors du procès de l'I G Farben?
Voir le Journal de la Résistance de juillet-août-septembre 2016


Plus jamais ça!

Le bureau de l'ANACR-29