Le groupe Missak Manouchian
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Des "terroristes" à la retraite



Juifs et communistes, émigrés en France dans les années 1930, ils ont été les principaux acteurs de la guérilla urbaine menée à Paris contre l'occupation allemande.

En 1983, Mosco Boucault recueillait le témoignage de ces anciens "terroristes". Un documentaire qui fit grand bruit, présenté dans une version remontée.

Ils étaient juifs, communistes et étrangers. Venus de Pologne, de Roumanie, de Hongrie et d'Arménie, ils ont immigré en France dans les années 1930 pour échapper aux persécutions raciales et politiques.

Pour la plupart, ils étaient tailleurs ou fourreurs. Le pacte de non-agression entre Staline et Hitler, en août 1939, les déboussole.

Ils s'engagent mais trouvent une armée française en déroute. La promulgation du statut des juifs par Vichy les oblige à se faire enregistrer au commissariat.

Lorsque l'Allemagne envahit l'URSS, en août 1941, le PCF lance une guérilla urbaine contre l'occupant, à Paris.

Mais les militants français n'ont pas la culture de la clandestinité. Le parti s'adresse alors aux militants de la MOI (Main-d'œuvre immigrée) : le travail souterrain leur est familier et ils n'ont rien à perdre...

L'affiche rouge Organisés en triangles cloisonnés, les FTP-MOI (Francs-tireurs partisans de la Main-d'œuvre immigrée) fabriquent des bombes, d'abord artisanales, puis de plus en plus élaborées.

Leurs actions se multiplient et sont efficaces : à Paris, entre mars 1942 et novembre 1943, 92 hôtels allemands sont attaqués à la bombe, 33 à la grenade ; 15 bureaux de recrutement sont incendiés, 125 camions militaires détruits, 11 traîtres abattus...

En août 1943, les FTP-MOI organisent un attentat contre von Schaumburg, général commandant de Paris. En septembre, ils exécutent le responsable du STO en France, Julius Ritter.

Mais, en octobre, un de leurs chefs est arrêté. Missak Manouchian cherche en vain à obtenir de la direction du mouvement l'autorisation de quitter provisoirement Paris. En novembre, la plupart des militants sont arrêtés et exécutés.

Leurs visages figureront sur la célèbre "affiche rouge" placardée sur les murs de Paris...

Lors de sa première diffusion, ce documentaire a eu un retentissement considérable, d'abord parce qu'il mettait en avant la responsabilité des instances dirigeantes des FTP et du PCF, ensuite à cause de l'extrême humanité des témoins, filmés en situation, sur les lieux de leurs actions rejouées pour la caméra ou dans les ateliers de confection où ils ont continué de travailler.

Source : YOUTUBE /

https://www.youtube.com/watch?time_continue=5&v=3KjOwEFBGKA

L'Affiche rouge du Comité d’action antibolchévique.
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Quand Aragon et Eluard rendaient hommage au "groupe Manouchian"
https://www.franceculture.fr/histoire/aragon-eluard-hommage-groupe-manouchian-poesie

L'ancien résistant Arsène Tchakarian est mort. Il était le dernier survivant du "groupe Manouchian", un groupe de résistants devenu célèbre pendant la Seconde Guerre mondiale. Aragon leur avait rendu hommage dans un poème intitulé "Strophes pour se souvenir".
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"Des libérateurs ? La libération par l'armée du crime !" A la veille de l'exécution de 23 résistants communistes, plus de 15 000 affiches rouges sont placardées en France. Le 21 février 1944, 23 membres du "groupe Manouchian" sont condamnés à mort puis exécutés au fort du Mont-Valérien.

Les 22 hommes sont fusillés et la seule femme de ce mouvement de résistance, Olga Bancic, guillotinée quelques mois plus tard, conformément au manuel du droit criminel de la Wehrmacht qui interdit alors de fusiller les femmes. Arsène Tchakarian, mort le 4 août 2018 à l'âge de 101 ans, était le dernier membre encore en vie de ce mouvement de résistance. 
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L'affiche rouge placardée à Paris et à Lyon, censée justifier les exécutions, n'aura pas l'effet escompté : elle devient un emblème de la Résistance et les membres du "groupe manouchian" sont vus en martyrs. Louis Aragon composera en 1955 le poème "Strophes pour se souvenir", dans lequel il leur rend hommage : 
"Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent                              
Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps                              
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant                              
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir                              
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant"

Aragon s'inspire alors de la dernière lettre que Missak Manouchian, le leader du mouvement de résistance, adresse à sa femme et qu'il écrit le jour de son exécution : 

"Je meurs à deux doigts de la victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand. (...) Bonheur ! à tous ! J’ai un regret profond de ne pas t’avoir rendue heureuse, j’aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et avoir un enfant pour mon honneur et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu’un qui puisse te rendre heureuse."

Lien vers l'article de FRANCE CULTURE :`

https://www.franceculture.fr/histoire/aragon-eluard-hommage-groupe-manouchian-poesie
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Une multitude de livres
Côté littérature, nombre de livres, d'études et de mémoires ont été consacrés à l'Affiche rouge et au Groupe Manouchian. Nous n'en citerons que quelques-uns. Benoît Rayski, le fils d'Adam Rayski membre du Groupe, a publié en 2009  "L’Affiche rouge – 21 février 1944" . Didier Daeninckx et Laurent Corvaisier ont publié une vie de Manouchian en bande dessinée "Missak, l'enfant de l'Affiche rouge". Et bien sûr le livre d'Arsène Tchakarian dont il a déjà été fait mention.

Source culturaux

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L’ancien résistant Arsène Tchakarian, le dernier survivant du groupe Manouchian, est mort.
Article sélectionné dans La Matinale du 05/08/2018
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  • « Grzywacz
  • – Juif polonais, 2 attentats » ;
  • « Elek
  • – Juif hongrois, 8 déraillements » ;
  • « Wasjbrot (Wajsbrot)
  • – Juif polonais, 1 attentat, 3 déraillements » ;
  • « Witchitz
  • – Juif hongrois, 15 attentats » ;
  • « Fingerweig
  • – Juif polonais, 3 attentats, 5 déraillements » ;
  • « Boczov
  • – Juif hongrois, chef dérailleur, 20 attentats » ;
  • « Fontanot (Fontano)
  • – Communiste italien, 12 attentats » ;
  • « Alfonso
  • – Espagnol rouge, 7 attentats » ;
  • « Rajman
  • – Juif polonais, 13 attentats » ;
  • « Manouchian
  • – Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés » ;
  • SOURCE WIKIPEDIA

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Epstein Joseph
Joseph Epstein est responsable, en 1942, des groupes de sabotage et de destruction créés dans les entreprises travaillant pour l'occupant, il prend la direction de l'ensemble des FTP de la région parisienne, en mai 1943, sous le nom de « colonel Gilles ». Il instaure une tactique de guérilla urbaine que mettent en oeuvre les FTP-MOI. Il est arrêté, en gare d'Évry Petit-Bourg, avec Missak Manouchian le 16 novembre 1943. Joseph Epstein est fusillé au Mont-Valérien le 11 avril 1944, sous une de ses fausses identités, Andrej. (Source site du Mont-Valérien)
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Guerre d'Espagne
En 1936 durant la guerre d'Espagne, il combat aux côtés des républicains espagnols dans les brigades internationales et il est grièvement blessé. Pendant sa guérison, il participe à l'action de la compagnie maritime « France Navigation », laquelle est chargée du transport de l'aide à l'Espagne républicaine. De retour en Espagne, il est affecté à la compagnie d'artillerie « Anna Pauker ». Il participe à la bataille de l'Èbre et il est cité à l'ordre de l'Armée. À son retour en France en 1939, il est emprisonné au camp de Gurs. Il est libéré en juillet 1939.
Seconde Guerre mondiale
Engagé dans la Légion étrangère, il est fait prisonnier pendant la campagne de 1940. Il est envoyé dans un stalag en Allemagne, près de Leipzig, d'où il s'évade en décembre 1940 et rejoint la lutte clandestine en France auprès des Francs-tireurs et partisans (FTP).
Tout d'abord principal responsable, en
1942, des groupes de sabotage et de destruction (GSD) créés par les syndicats CGT dans les entreprises travaillant pour l'occupant, il prend la direction de l'ensemble des FTP de la région parisienne, en février 1943, sous le nom du colonel Gilles1. Il a l'idée d'engager des commandos de quinze combattants à Paris, permettant de réaliser un certain nombre d'actions spectaculaires qui n'auraient pas été possibles avec les groupes de trois qui étaient la règle dans l'organisation clandestine depuis 19402. Il instaure ainsi une tactique de guérilla urbaine que mettent en œuvre les Francs-tireurs et Partisans et les FTP.MOI.
Dénoncé par un traître, il est arrêté en gare d'
Évry Petit-Bourg, le 16 novembre 1943, avec Missak Manouchian. Il est torturé pendant plusieurs mois, puis fusillé au fort du Mont-Valérien avec 28 autres résistants, le 11 avril 1944. Le jour de son exécution, il aide un camarade à s'évader du camion qui les amène au peloton d'exécution.

Source WIKIPEDIA