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« Nous étions des ados de la résistance »

Châteaulin - 14 Janvier 2014
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Alexandre POUSSART.

70 ans après, Jean Le Guillou, raconte quelques épisodes de l'occupation allemande dans le pays de Châteaulin. Il est président de l'Association châteaulinoise des anciens combattants de la résistance.

L'histoire
Les soldats allemands avaient creusé leurs tombes dans le sable. 17 résistants ont été fusillés le 15 mai 1944, sur les dunes de la pointe de Mousterlin-Fouesnant. Parmi eux se trouvaient sept Châteaulinois appartenant au maquis de Pen-ar-Pont, poche de résistance contre l'occupation allemande à Châteaulin.

Ce maquis s'est formé le 12 octobre 1943 sur les bords de l'Aulne, dans la grotte de Roz-Divez entre les écluses de Pen Ar-Pont et du Guillec.
« Ce sont trois Belges et deux Russes qui sont à l'origine de ce maquis », révèle Jean Le Guillou. « Ils s'étaient évadés d'un camp allemand basé à Brest. » De jeunes résistants du pays de Châteaulin les ont très vite rejoints dans leur cache, parmi lesquels Jean Charles, Jacques Poquet et Auguste Le Guillou, le frère aîné de Jean.

Ils se sont ensuite réfugiés dans une ardoisière entre deux fermes.
« Les cultivateurs les nourrissaient en échange d'un peu de travail à la ferme », raconte Jean. Mais après quelques mois de maquis, ils ont été arrêtés le 26 avril 1944 par la fellgendarmerie allemande de Châteaulin. « Ils avaient été trahis par l'un d'entre eux. »

Les fusillés de Quimerc'h
Jean Le Guillou, âgé de 15 ans en 1944, a participé à la résistance à Quimerc'h.
« Avec des camarades, nous avons par exemple aidé à faire dérailler un train de munitions allemandes sur la ligne de chemin de fer Brest-Quimper. » Il se rappelle de l'état d'esprit insouciant qui régnait parmi ces jeunes résistants. « On faisait cela naturellement, sans vraiment s'en rendre compte. Nous étions des ados de la résistance. »

Le 6 août 1944, 15 personnes se sont fait fusiller dans le bourg de Quimerc'h. Le jeune Jean a assisté à la scène, depuis sa chambre située à l'école de Quimerc'h.
« J'en pleure encore quand j'y repense. Les soldats allemands, cueillis à Pont-de-Buis par des maquisards, voulaient se venger. Ils ont sauté dans un café et une boulangerie, ont évacué tout le monde, avant de les fusiller contre le mur de l'école. »

Honorer la mémoire des victimes et des résistants de cette époque, tel est le devoir de l'Association nationale des anciens combattants et résistants (Anacr). Jean Le Guillou préside le comité châteaulinois de l'association.
« Nous comptons encore 15 résistants dans nos rangs mais beaucoup se meurent. Nous en perdons chaque année. » L'Anacr de Châteaulin accueille aussi 28 amis de la résistance. « Ils sont très précieux car ils vont reprendre le flambeau de la commémoration. » Chaque année, une cérémonie est organisée le 15 mai devant le mémorial du maquis de Pen Ar-Pont, situé près de la ferme éponyme. Pour que le souvenir reste prégnant, 70 ans après.